Le 24 juin 2024, un incendie se déclare Tour Kennedy à Liège. Plus de 70 pompiers interviennent pendant près de 24 hrs. 18 mois après ce sinistre qui a coûté la vie à 3 personnes et fait 18 blessés, les pompiers présentent leurs conclusions
Le 24 juin 2024, la Tour Kennedy, immeuble emblématique du centre-ville de Liège, a été le théâtre d’un incendie d’une ampleur exceptionnelle et sans précédent pour la Cité ardente. Le feu s’est déclaré vers 14 heures entre le 3e et le 5e étage de ce bâtiment qui en compte 28. Ce sinistre, qui a coûté la vie à trois personnes et blessé dix-huit autres, a mobilisé plus de 70 pompiers pendant près de 24 heures d’intervention ininterrompue
Ils ont été appuyés dans cette lourde tâche par des renforts venus de la Zone de secours Vesdre Hoëgne & Plateau, des échelles de grande hauteur venues de Bruxelles et d’Anvers et des hélicoptères de l’armée et du Luxembourg
© Liège Zone 2 IILE-SRI
Pour les services de secours, la priorité a été donnée à l’extinction de l’incendie et à l’évacuation des habitants des quelque 250 logements de la tour. On estime qu’entre 250 et 350 personnes y résidaient au moment des faits. La crainte d’un effondrement du bâtiment a été bien présente mais la structure en béton – particulièrement robuste - a tenu bon et n’a pas été compromise par le feu
Les conclusions du retour d'expérience
Dix-huit mois après les faits, la Zone de secours Liège Zone 2 IILE-SRI présente aujourd’hui les conclusions de son retour d’expérience (RETEX). Ce travail de fond vise à analyser l’intervention dans toutes ses dimensions - techniques, humaines et organisationnelles - afin d’en tirer des enseignements concrets pour renforcer la sécurité et l’efficacité des futures opérations. Un RETEX permet d’identifier, en détails, la genèse et l’évolution de l’événement dans ses diverses composantes (techniques, humaines, organisationnelles, environnementales), de déterminer l’ensemble des actions entreprises, positives, négatives et instructives, de tirer des leçons afin de construire des scénarios d’actions alternatives permettant de mieux gérer ces situations si elles se reproduisent.
© Liège Zone 2 IILE-SRI
Le RETEX met en évidence plusieurs enseignements majeurs, parmi lesquels :
- La complexité structurelle du bâtiment, avec une numérotation des niveaux source de confusion ;
- Les difficultés d’accès liées à l’imbrication avec les bâtiments provinciaux ;
- Des défaillances techniques (colonne humide, compartimentage, ventilation) ayant compliqué les opérations
- Et surtout, la résilience des équipes, qui ont su maintenir la cohésion et la maîtrise de l’incendie dans un contexte inédit.
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Ce travail d’analyse débouchera sur des propositions d’amélioration : renforcement du contrôle des colonnes sèches et humides, modernisation du matériel de ventilation, intégration de nouvelles procédures de coordination et mise à jour du règlement de prévention zonal pour les bâtiments élevés.
« Chaque intervention de cette ampleur nous pousse à progresser. Le RETEX n’est pas un jugement, mais un levier d’apprentissage collectif », conclut le commandant de Zone, Luc Scevenels.