Après les blocus, l’athénée Maurice Destenay à Liège a organisé ce mardi une journée citoyenne pour les élèves de quatrième à rhéto. Objectif : débattre de la mobilisation sans compromettre la suite de l’année scolaire.
Après les actions de blocage qui ont marqué le début de l’année scolaire, l’athénée Maurice Destenay, à Liège a choisi de consacrer une journée au dialogue entre élèves et enseignants.
Les élèves de quatrième, cinquième et sixième secondaire ont été répartis en sept groupes pour participer à autant d’ateliers thématiques. Au programme : les revendications du mouvement étudiant, les formes de mobilisation possibles, le ressenti des jeunes et leur vision de l’école de demain.
Donner la parole aux élèves
Pour les participants, cette journée était avant tout l’occasion de se faire entendre.
« Je trouve ça intéressant parce qu'ils peuvent aussi avoir une idée de ce que nous, on pense. Ils peuvent nous écouter, essayer de comprendre nos revendications. Certains profs ne comprennent pas trop ou n'ont pas forcément envie de comprendre, mais c'est bien de se sentir écoutés », explique Célia, 18 ans.
Un sentiment partagé par Maxime, 16 ans, qui estime que ces échanges permettent à l'école de mieux comprendre les raisons du mécontentement des élèves et les moyens dont ils disposent pour exprimer leur désaccord.
Certains sont également conscients des conséquences possibles d'une interruption prolongée des cours. Florence, 17 ans, insiste sur la nécessité de poursuivre les apprentissages : « C'est OK de montrer qu'on n'est pas d'accord. Mais il faut aussi qu'on puisse avancer dans nos cours. » Une préoccupation d'autant plus importante à l'approche des études supérieures.
Ne pas mettre l'année scolaire en péril
Pour Muriel Pauwen, directrice de l'athénée Maurice Destenay, la colère des élèves est légitime, mais elle ne doit pas compromettre leur avenir scolaire.
« Je pense que leur colère est là et justifiée. Maintenant, je pense aussi que leur année scolaire est importante. C'est vraiment trouver un équilibre entre ces deux points : "ne mettez pas votre année en péril", mais en même temps, "vous avez le droit d'être en colère et vous avez le droit de l'exprimer". »
Autre difficulté : le retard accumulé pendant les actions de mobilisation. Des adaptations des programmes pourraient s'avérer nécessaires pour permettre aux élèves de poursuivre leur scolarité dans de bonnes conditions.
« Dans nos programmes, il y a ce qui est crucial pour la poursuite de leurs études. Et puis il y a ce qui est plutôt du côté des apprentissages généraux. Je pense que certains professeurs vont devoir faire une croix sur certaines choses, mais pas celles qui mettraient en péril leur futur », précise la directrice.
Un vote pour décider de la suite du mouvement
La journée citoyenne s'est poursuivie jusqu'à 14h30. À l'issue des ateliers, les élèves ont été invités à se prononcer par un vote sur la suite à donner au mouvement : reprendre les actions de mobilisation, totalement ou partiellement, ou y mettre un terme.
Résultat du vote tombé en fin d'après-midi : majorité pour la prolongation des actions qui doivent encore être définies.
Pour les élèves de première et de deuxième secondaire, en revanche, la rentrée s'est déroulée normalement.