L'ASBL Scan-R révolutionne l'éducation aux médias en confiant les clés de son nouveau programme mensuel à des jeunes passionnés. Découvrez comment cette initiative permet aux 12-30 ans de développer leur esprit critique.
Scan-R : Les jeunes, nouveaux visages de l'éducation aux médias
L'année 2026 marque un tournant pour l'émission « C'est pas faux ! », dédiée à l'éducation aux médias, un sujet plus que jamais essentiel. Après avoir clôturé 2025 avec les jeunes de l'Athénée royal d'Angleur, le programme se réinvente avec un concept inédit : une émission mensuelle entièrement préparée et animée par les jeunes de l'ASBL Scan-R.
Pour cette première édition, quatre figures clés du projet se sont réunies. Jonas Gretry, directeur de l'ASBL Scan-R, a présenté cette organisation fondée en 2018. L'objectif initial était de rendre la parole des jeunes de 12 à 30 ans plus visible dans l'espace médiatique et politique. Pour ce faire, Scan-R propose des ateliers d'écriture partout en Fédération Wallonie-Bruxelles, puis diffuse ces textes via des partenariats médiatiques. Depuis 2021, la rédaction Jeune permet aux participants de s'investir dans des projets à plus long terme : télévision, radio, podcasts ou encore micro-trottoirs.
« Ces jeunes sont aujourd'hui responsables des contenus visuels de Scan-R et développent des projets assez formidables », souligne Jonas Gretry. Le noyau dur de cette rédaction se trouve à Liège, l'ASBL étant basée à MédiaRives, au sein de la RTBF. Ces jeunes, issus de divers horizons, qu'ils soient étudiants en communication, en droit, ou simplement passionnés, trouvent chez Scan-R un espace bienveillant pour s'exprimer et développer des compétences personnelles.
L'empowerment par l'expression citoyenne
Céline Gilson, rédactrice en chef de Scan-R, travaille au quotidien avec ces jeunes. Elle insiste sur leur désir fondamental d'être entendus et écoutés. « Ils ont envie de s'engager, de porter la parole des jeunes et de faire comprendre aux autres générations, à l'espace politique, public, médiatique, ce que vivent, ce que ressentent les jeunes à l'heure actuelle », explique-t-elle. Leurs productions, qu'il s'agisse de textes écrits, de dossiers thématiques, de livres, d'émissions radio ou télévisées, sont diffusées sur le site internet de l'ASBL, via des partenariats presse, et activement relayées sur les réseaux sociaux, où micro-trottoirs et reels rencontrent leur public. Des contacts sont également établis avec des politiques, invités aux événements de Scan-R ou destinataires des productions.
L'éducation aux médias, selon Céline Gilson, va bien au-delà du simple décryptage des fake news. Il s'agit de rendre tout citoyen autonome et critique face à l'utilisation des médias, mais aussi de le former à la création de contenu. Cela implique une réflexion sur les contraintes déontologiques, économiques et sociétales des médias, et sur l'impact des nouvelles technologies comme l'intelligence artificielle sur le rôle du journaliste.
Témoignages et ambitions : les voix de demain
Doris Lofgen et Clara Degrange, deux jeunes participantes, incarnent parfaitement la mission de Scan-R. Clara, initialement très timide, a rejoint l'ASBL après une publicité et a trouvé un moyen de se développer personnellement, même si ses études d'architecture d'intérieur n'avaient rien à voir avec le domaine. Doris, étudiante en journalisme, a sauté sur l'occasion après avoir découvert les publications de Scan-R sur Instagram. Elle y voit une manière de « remuer la plume dans la plaie », convaincue que « les jeunes ne sont pas assez entendus » et qu'il faut valoriser l'écrit fait par eux.
Les deux jeunes ressentent la responsabilité de porter la parole de leur génération. « On aborde des sujets auxquels on n'aurait peut-être pas pensé, et puis on se dit que finalement, ça pourrait peut-être toucher des plus jeunes », confie Doris. Clara ajoute que cela peut motiver d'autres jeunes, plus timides, à s'engager en voyant la mobilisation de leurs pairs.
Jonas Gretry résume l'esprit de Scan-R par une phrase forte : « C'est mieux de donner le bic ou le clavier que les cailloux. » L'écriture, souvent perçue comme moins « sexy », est transformée en atelier ludique, permettant aux jeunes de mettre des mots sur leurs vécus et souffrances, et d'en tirer une immense valorisation.
Les futures thématiques de « C'est pas faux ! » promettent d'être variées et pertinentes : fake news, écologie, le milieu scolaire, ou encore l'univers des réseaux sociaux.