La cour d’assises de Liège a poursuivi mercredi les auditions des témoins avec l’expertise du médecin légiste.
Au procès d’Yvan Dave (72) à la cour d’assises de Liège, le médecin légiste a expliqué que les lésions consécutives au tir qui a touché Mayron Weibel n’étaient pas immédiatement létales. « Ce n’est pas un tir qui ne lui laissait aucune chance". Pour le légiste, "on a vu des gens s’en sortir avec bien pire que ça. » A condition que les secours soient sollicités rapidement".
Les tirs ont eu lieu vers 23h30, et à 00h35, le frère de l’accusé a appelé les secours. L’oncle de Mayron, propriétaire de l’échelle retrouvée sur place et qu’on soupçonne d’avoir été une des trois « ombres » de la tentative de cambriolage, a quant à lui appelé le 112 à 00h45.
Ce mercredi, le procès s’est poursuivi avec l’audition de cet oncle. Il est suspecté d’avoir participé au cambriolage. Il a nié sa présence sur le lieu des faits lors des coups de feu. Il a expliqué avoir passé l’après-midi à l’hôpital de Marche pour fêter une naissance et avoir quitté Marche vers 22h00. Il a prétendu avoir craint une bêtise de son Mayron Weibel et être parti à sa recherche. Il a déclaré l’avoir retrouvé sur un chemin dans les bois. Mais sa vision est contradictoire avec les éléments du dossier. Il avait notamment appelé les secours en donnant des détails qui laissent entendre qu’il avait assisté à la scène.
L’oncle de la victime est décrit, par certains membres de la famille de la victime, comme « un lâche qui ne dit pas la vérité ». Il est suspecté de faire un faux témoignage, mais n’a pas cédé. Il ne s’est pas constitué partie civile au procès.
Un autre témoin a aussi été entendu : un ami policier d’Yvan Dave. L’accusé s’était confié à cet ami. Il avait pris conseil auprès de lui dans les minutes qui ont suivi les tirs. Il lui a expliqué avoir fait feu pour faire peur aux cambrioleurs. Il avait précisé qu'il avait eu très peur d'être victime, à son tour, d'une attaque dans son château. L'accusé faisait référence à l'attaque d'un châtelain, commise en 2004 dans la même commune de Ferrières.
En octobre 2004, un antiquaire propriétaire du château de Fanchon avait été pris en otage avant d'être volé. Cette agression avait marqué Yvan Dave et son frère, qui ne se sentaient pas en sécurité dans leur propre château.
Yvan Dave n'avait jamais évoqué avec ce policier un tir accidentel.
Les faits s'étaient déroulés la nuit du 8 janvier 2020 à Ferrières, à la ferme-château de My. Mayron Weibel y avait trouvé la mort, abattu d'un coup de fusil alors qu'il s'était introduit sur les lieux avec deux complices dans le but de commettre un cambriolage.