Le verdict sur la culpabilité d'Yvan Dave est attendu ce mardi à la cour d'assises de LIège. Les jurés devront décider si l'accusé a volontairement tué le cambrioleur qui s'était introduit dans sa propriété.
Lundi, les avocats d'Yvan Dave ont plaidé une qualification des faits en homicide involontaire. La défense estime que l'accusé n'avait pas l'intention de tuer et qu'il doit être déclaré coupable de coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner.
Les faits reprochés à Yvan Dave (72 ans) s'étaient déroulés la nuit du 8 janvier 2020 à Ferrières, à la ferme-château de My. Mayron Weibel (21 ans) avait été tué d'un coup de fusil alors qu'il se trouvait sur place en compagnie de deux autres individus pour procéder à un cambriolage.
Les avocats d'Yvan Dave, Me Colin et Jean-Louis Gilissen, ont décrit leur client comme un honnête homme, crédible et fiable. Ils ont souligné que l'accusé reconnaissait sa responsabilité dans les faits qui se sont déroulés. Yvan Dave reconnait que Mayron Weibel est mort par sa faute, mais il affirme qu'il n'a pas voulu cette mort.
La défense a soutenu qu'Yvan Dave a fait des choix qui se sont avérés malheureux au moment des faits. "Il s'est protégé. Le premier coup de feu n'était pas accidentel, mais intempestif, en raison de la manipulation de l'arme dans la précipitation. Mais s'il avait voulu tuer, Yvan Dave n'aurait pas crié après ses cambrioleurs", a soutenu Me Colin Gilissen.
Me Gilissen affirme que la version d'Yvan Dave est plausible. Il a pris peur, mais il n'est pas devenu un fauve enragé qui a voulu tuer. Il s'est effondré quand il a appris que le cambrioleur qu'il avait tué était un jeune homme bien. "C'est pour cette raison que la défense a choisi de se mettre des barrières et de ne rien dire de négatif sur la victime", a précisé l'avocat.
"Il a fallu que de nombreuses circonstances se cumulent pour en arriver à la tragédie", a lancé Me Jean-Louis Gilissen. L'avocat a notamment parlé de l'arme, achetée par le frère de l'accusé, revenue au château de My après 2013 et les vols qui y ont été commis. Il a aussi évoqué la peur de l'accusé, réveillé dans sa chambre par les bruits des cambrioleurs. "Qui peut mettre en doute que cet homme a eu peur et a paniqué ? Comment ose-t-on dire qu'il a repris le contrôle de lui-même avant de tirer sur le gamin ?", a interrogé Me Gilissen.
La défense affirme qu'Yvan Dave reconnait sa faute dans la détention de l'arme et des munitions ainsi que du chargement fautif de cette arme. Mais elle conteste l'intention de tuer. Me Gilissen affirme que les éléments du dossier ne permettent pas d'affirmer que le tir mortel d'Yvan Dave était volontaire. "Yvan Dave n'a pas pu inventer cette version du tir involontaire. Sa version est hautement crédible. Il n'a jamais tiré pour toucher quelqu'un. Ce qu'il dit est avéré par les éléments objectifs du dossier", a soutenu l'avocat.
La délibération sur la culpabilité débutera mardi matin.