En cette belle journée, Liège, ses terrasses et ses magasins ont été pris d'assaut. Certaines vitrines ont plus attiré les clients que d'autres. Notamment celle des chocolatiers qui s'est déjà parée de couleur printanière.
C’est un air de printemps qui a soufflé sur Liège ce mercredi. De nombreux commerçants ont profité de cette belle journée pour modifier leur vitrine. C'est la saison préférée de tout un secteur : les chocolatiers qui comptent bien faire un bon chiffre d’affaires à l’approche de Pâques.
"J'ai un produit qui est quand même touristique: le chocolat. Et donc je dois quand même essayer au maximum d'attirer les touristes. Et il y a quand même de plus en plus de touristes qui viennent à Liège", nous explique Mélanie Lemmens devant la vitrine de son magasin qu'elle est en train de redécorer.
500 kilos d'oeufs et 2 000 pièces de Pâques
Dans les ateliers, les cœurs en chocolat ont laissé la place aux lapins et aux œufs. "C'est une période où on doit délivrer énormément de chocolats en un temps très très court, c'est-à-dire sur une ou deux semaines avant Pâques. Et ben voilà, on doit être prêt à toute éventualité: des grosses commandes, des gens qui arrivent en dernière minute, ce qui est de plus en plus le cas avec le changement des vacances aussi", nous dit-elle après nous avoir emmenés dans son atelier.
En effet, depuis 2022, les congés de printemps ont été déplacés après le lundi de paques en fédération Wallonie-Bruxelles. Depuis, cette chocolatière a ressenti une baisse d’engouement pour cette fête qui se déroule maintenant en pleine période scolaire. Malgré cela, les chiffres de production restent impressionnants.
"Il y a les petits œufs, là on en fait clairement au moins 500 kilos. Il y a les creux, donc les lapins, les cloches, ce genre de choses. Ça, on en fait au moins 1 000 pièces. Et alors, on fait aussi beaucoup des sucettes en chocolat en forme d'œuf ou de petits lapins. Et là, pareil, on en fait plus de 1 000", explique Mélanie Lemmens.
Un marché sous tension qui impacte nos artisans
En créant de tel volume, chaque chocolatier fait un pari sur l’avenir dans ce marché sous tension. Depuis 2023, le prix de la fève de cacao a doublé à cause des conditions météorologiques défavorables et de maladies fongiques qui touchent les cacaoyers. Ces problèmes qui touchent l’Afrique en ce moment impactent directement nos artisans.
"Ça a un impact sur le prix. Notre prix d'achat déjà parce que nos matières premières sont beaucoup plus chères. Donc quand nous on doit acheter, on doit sortir des beaucoup plus grosses quantités d'argent. C'est plus compliqué financièrement. La trésorerie fait des up & down tout le temps. Mais à l'heure où aussi c'est clairement, ça devient un produit de luxe", conclut la chocolatière artisane.
Le prix de la fève a maintenant tendance à redescendre. Une aubaine pour le secteur qui espère attirer les clients pour récupérer une santé financière plus confortable.