Un juge du tribunal de première instance de Liège a dénoncé vendredi en audience publique le manque de réactivité dont l'Etat belge ferait preuve en matière d'expulsions d'individus en séjour illégal condamnés à plusieurs reprises sur le territoire. Le juge a estimé que les pouvoirs publics ne prennent pas leurs responsabilités dans cette matière. Le débat est né dans la salle d'audience de manière spontanée lorsqu'une avocate plaidait le dossier d'un ressortissant étranger qui encourt une peine totale de 16 mois de prison pour avoir volé le sac d'une passante et la pochette d'un CD de Justin Bieber à la FNAC de Liège. L'homme a déjà été condamné pour séjour illégal mais n'a jamais été expulsé. Le juge Pierre Sneyers a alors fait part de son sentiment de prononcer des condamnations qui ne sont pas suivies d'effets et du manque de réactivité de l'Etat belge dans cette matière. On constate qu'on tourne en rond quand on réalise que des prévenus ont été condamnés à plusieurs reprises pour séjour illégal, parfois depuis plus de 15 ans, et qu'ils n'ont jamais été expulsés. Le rapatriement vers les pays d'origine ne fonctionne pas. Les juges constatent qu'ils tournent en rond. Stop ! Cela suffit, cela ne va pas. De qui se moque-t-on ? Il y a un moment où il faudra prendre des décisions. C'est à l'Etat belge de prendre ses responsabilités !, a analysé le juge, qui avait déjà évoqué cette situation dans un précédent jugement. Le représentant du ministère public, le substitut Fabienne Bernard, a participé au débat mais l'a tempéré. On ne peut pas faire porter entièrement le chapeau à l'Etat belge car les expulsions sont problématiques. Ce sont en général les condamnés qui font le choix de rester et qui ne répondent pas aux ordres de quitter le territoire, a-t-elle nuancé.