Suite au suicide du métallo Alain Vigneron, voici le communiqué envoyé à la presse par Francis Gomez, Président des métallos FGTB :C'est l'histoire d'un homme qui aimait son métier et l'entreprise dans laquelle il travaillait depuis si longtemps. C'est l'histoire d'un homme qui cherchait à vivre, de son travail, de ses « mains d'or dans l'acier rouge», qui avait construit son quotidien, pierre après pierre. Et qui, depuis deux ans, jour après jour, voyait l'édifice se lézarder, les briques tomber des murs. Et il n'y pouvait rien. Et il n'en pouvait plus. Et il a choisi, en toute conscience, de pousser un dernier cri.Alain Vigneron s'est suicidé, un choix grave, très grave, mais un choix, évidemment, personnel.Mais Alain Vigneron a été, aussi, assassiné. Son meurtrier s'appelle Lakshmi Mittal. En décidant, d'un trait de plume, de liquider l'essentiel de la sidérurgie liégeoise , Mittal a choisi de précipiter des centaines de travailleurs dans le chômage. Il a décidé de supprimer à tous ces gens le droit d'avoir une vie décente, de construire des projets pour eux et pour leur famille. Il leur a ôté, socialement, la vie.Le drame d'Alain Vigneron rappelle à tous que l'emploi, le travail restent, dans notre société, la pierre de voûte de l'existence. La liquidation de la sidérurgie, presque partout, est analysée en termes économiques et financiers. On soupèse les options industrielles, on glose sur la compétitivité ou sur la modernité des outils et des productions. On va même jusqu'à reprocher aux travailleurs de défendre leurs outils, de parfois se mettre en colère. On va même jusqu'à leur conseiller, doctement, de « tourner la page du passé ».Tourner la page c'est, le plus souvent, abandonner sa propre existence et la vie des siens. Ce gâchis, ce génocide social comme ici, à la FGTB Métal, nous l'avons toujours appelé, a un responsable : le patron du groupe ; et des complices : tous ceux qui l'aident dans sa sale besogne et qui, tous ces longs mois, ont refusé de rediscuter de la décision de fermeture, puis ont refusé de créer les conditions d'une discussion humaine sur l'avenir. Tous les débats, jusqu'ici, se sont déroulés avec les couleurs de la morgue patronale : il ne suffit pas de fermer, il faut aussi que cette fermeture se passe au moindre coût pour le capital. Les travailleurs de la sidérurgie ont produit d'abondantes richesses, tant pis pour eux quand la fin est là