La Cour d'assises de Liège a été confrontée mercredi matin, au procès de Rita Bigattini et consorts, à un témoin qui a modifié sa version et prétend ne plus de souvenir des déclarations effectuées au cours de l'enquête. Certaines parties le suspectent de subir la pression des accusés alors que l'homme affirme souffrir de pertes de mémoire liées à un problème psychiatrique. Rita Bigattini, une institutrice primaire de Grâce-Hollogne âgée de 47 ans, est accusée d'avoir fait assassiner André Cornet en juin 2010. Elias Bak , Cédric Michot , Antonio Affili, , Franco Fraccari , Annie De Bruin , Christine Bastin et Silvano Bruni répondent également de cet assassinat. La Cour a repris les auditions des témoins et aborde le rôle qu'aurait joué Antonio Affili dans l'ensemble de cette affaire. Cet accusé est suspecté d'avoir aidé les tueurs présumés à mettre leur projet en oeuvre et de les avoir aidés à disparaître après les faits. Un homme proche d'Affili avait fait des déclarations précises devant les enquêteurs. Il avait révélé qu'il avait accompagné Affili, Bak et Fraccari lors d'un voyage en Sicile après les faits. Il s'agissait d'éloigner Elias Bak de Belgique et de le mettre à l'abri. Ensuite, le témoin aurait été sollicité pour retourner en Italie pour convaincre Bak d'y rester, même si celui-ci s'y ennuyait. L'homme aurait également assisté à des conversations précises, acheté des GSM pour Affili, récupéré des fonds pour son compte chez Fraccari ou encore aidé à transporter une arme et des pierres précieuses vers la Sicile. Ce témoin affirme désormais qu'il souffre de pertes de mémoire et qu'il a fait ses déclarations de l'époque sous la pression des enquêteurs. Il avait été interrogé à quatre reprises par les enquêteurs et avait donné de très nombreux détails sur l'affaire. Il est suspecté par certains avocats de ne plus vouloir assumer ses déclarations de l'époque alors qu'il se retrouve confronté aux accusés. L'homme affirme souffrir de troubles psychiatriques. Je ne suis pas du tout certain que ses pertes de mémoire soient liés à un trouble psychiatrique, a commenté le substitut Marissiaux. Ses pertes de mémoire sont très sélectives, a estimé Me Gilissen, avocat de certaines parties civiles. Le président Dominique Gérard a désigné un expert psychiatre pour examiner ce témoin. Un incident verbal a opposé les avocats de la défense d'Antonio Affili et ceux des parties civiles après ce témoignage. On veut créer à l'audience un climat qui laisse penser qu'Antonio Affili aurait mis la pression sur ce témoin qu'il n'a plus rencontré depuis son arrestation. Tout le monde se met à tirer à boulets rouges sur ce témoin avant même d'avoir le certificat médical qui confirmerait ou infirmerait les problèmes psychiatriques invoqués, ont déploré Mes Julien Pierre et Jean-Philippe Mayence, les conseils d'Antonio Affili. FEJ ..