La défense de Rita Bigattini, principale accusée de l'assassinat de son compagnon André Cornet, a plaidé mardi en fin de journée devant la cour d'assises de Liège. Les avocats Denis Bosquet et Jean-Louis Berwart n'ont pas contesté la culpabilité de leur cliente. Mais ils ont affirmé que leur cliente devait être crue pour la crédibilité de ses aveux. Rita Bigattini avait contesté son implication dans les faits durant trois années d'enquête avant de brusquement passer aux aveux devant les jurés et de reconnaître qu'elle avait commandité l'assassinat de son compagnon . La défense a annoncé que sa plaidoirie, au stade de la culpabilité, n'est pas inutile puisque les aveux de Rita Bigattini sont contestés par les autres accusés. L'objectif des avocats est de démontrer qu'en se livrant devant les jurés, Rita Bigattini a fait un geste fort et a expliqué les faits tels qu'ils se sont déroulés. La défense évoquera des circonstances atténuantes au stade de la peine. Mais par ses aveux, la principale accusée a entamé un processus de prise de responsabilité sur la voie du changement. Rita Bigattini avait reconnu avoir accepté une proposition de Franco Fraccari et d'Antonio Affili pour faire exécuter André Cornet contre la somme de 80.000 euros. Elle avait précisé avoir véhiculé les tueurs puis expliqué que Cédric Michot avait porté des coups violents à André Cornet. Elias Bak avait, selon sa version, fait feu pour achever la victime. Me Denis Bosquet a exposé que Rita Bigattini a été entraînée dans un entonnoir. Elle a fait le choix de s'y mettre, puis n'a plus pu en sortir. Elle n'avait pas parlé parce qu'elle avait peur de perdre ses amis, ses collègues et les membres de sa famille. Puis Rita Bigattini a dit la vérité. Elle est la seule à avoir fait des aveux aussi crédibles, a précisé l'avocat. La défense a précisé que le désir de Rita Bigattini, qui souffrait d'un amour idéalisé et d'une relation manquée avec André Cornet, était initialement de faire du mal à ce dernier. Puis elle s'est laissée entraîner dans une proposition d'exécution. Me Jean-Louis Berwart a attiré l'attention des jurés sur la nécessité de comprendre l'état d'esprit dans lequel sa cliente se trouvait sa cliente à l'époque des faits. Il a réclamé que, lors de leurs délibérations, les jurés visionnent les sex-tapes d'André Cornet. Selon l'avocat, les paroles qu'il prononce lors de ces enregistrements permettraient de comprendre la réaction de dégoût de Rita Bigattini et son désir de lui faire du mal. Mercredi, la cour ne siègera que durant la matinée car le président DominiqueGérard est retenu pour la constitution d'un jury dans un autre procès d'assises à Arlon. Cette 18e journée du procès sera exclusivement consacrée aux plaidoiries de Me Duquesne et Me D'Amico, les avocats d'Elias Bak.