La défense d'Antonio Affili a contesté jeudi devant la cour d'assises de Liège la qualité des aveux réalisés par Rita Bigattini. Pour défendre son client, Me Julien Pierre a tenté de décrédibiliser au cours de sa plaidoirie la seule accusée qui a osé parler durant le procès. Antonio Affili est accusé d'avoir été l'un des organisateurs de l'assassinat d'André Cornet, exécuté à son domicile de Ciplet le 17 juin 2010 à la demande de Rita Bigattini. Cet accusé a toujours nié son implication active dans des faits d'assassinat. A l'occasion de ses aveux, Rita Bigattini a précisé son rôle et reconnu qu'elle s'était adressée à lui pour faire exécuter André Cornet. Me Julien Pierre, un des deux avocats sollicités par Antonio Affili, a remis en cause la qualité de ces aveux. Je ne trouve pas du tout ces aveux exemplaires, contrairement aux autres parties de ce procès. Je ne suis plus naïf. Ces aveux ont été calculés car Rita Bigattini était dans l'impasse la plus absolue depuis le début du procès. C'est de la monnaie de singe qu'elle nous a livrée ! Elle était dans le mur et elle ne pouvait plus faire autrement, a analysé l'avocat. Me Julien Pierre a affirmé que Rita Bigattini et ses avocats ont fait le choix de la stratégie. Elle aurait avoué par calcul, dans l'espoir d'obtenir une peine moindre, en enfonçant les autres accusés pour se donner du crédit. Rita Bigattini a livré 33 déclarations durant l'enquête et elle a campé sur ses mensonges incroyables pendant 3 ans. Mais on ne sait pas retirer la moindre preuve de ses déclarations. On table désormais à fond sur les aveux récents de Bigattini pour enfoncer Affili et Fraccari. Plus personne n'ose exercer un esprit critique sur ces aveux. Mais, qu'est-ce qui nous dit qu'ils sont parfaitement fiables ? Rita Bigattini a avoué par stratégie car elle ne veut pas rouler seule dans la charrette qui mène vers l'échafaud. Mais quand la justice prend le visage de la stratégie simple, je crois qu'elle fait une bien vilaine grimace, a plaidé Me Julien Pierre. L'avocat d'Antonio Affili a répété que son client n'est pas l'auteur matériel du crime commis à Ciplet. Il n'était pas présent sur place. Le conseil de cet accusé relève également qu'il n'a pas posé d'acte de participation et qu'il n'a jamais manifesté la volonté de s'associer à cet assassinat. Me Pierre a également évoqué la notion de doute qui planerait sur l'affaire et surtout l'absence de preuve qui permettrait de condamner son client avec certitude. Ce dossier, on peut lui faire dire tout et son contraire, surtout si on va à la pêche dans certaines pièces, a-t-il regretté.