Me Mayence a plaidé jeudi après-midi l'acquittement d'Antonio Affili au procès de Rita Bigattini et consorts devant la cour d'assises de Liège. Selon l'avocat de cet accusé, aucune preuve ne démontre sa participation active dans des faits d'assassinat. La défense d'Antonio Affili a réclamé son acquittement lors de sa plaidoirie. Après Me Julien Pierre, qui avait contesté la crédibilité des aveux réalisés par Rita Bigattini, Me Jean-Philippe Mayence a soutenu qu'aucun élément de preuve démontrant sa participation active dans des faits d'assassinat ne peut être retenu contre Antonio Affili. L'homme a été présenté comme provenant d'un milieu mafieux par certains enquêteurs. Mais, selon Me Mayence, aucun témoignage ne permet de le démontrer et cette description est loin de la réalité. L'avocat dénonce également le système de défense de Rita Bigattini qui comporte des incohérences. Elle veut continuer à vous tromper et elle en paie le prix, a-t-il affirmé. La thèse de l'exécution bien préparée a été remise en question par la défense. Me Mayence a souligné plusieurs incohérences qui démontreraient que les faits n'ont pas été organisés. Il a notamment évoqué les circonstances dans lesquelles les exécutants ont été amenés sur place et l'incertitude concernant le fait qu'ils étaient porteurs d'armes. Me Mayence a relevé plusieurs éléments qui laissent penser que c'est une agression ayant mal tourné qui a été commise sur André Cornet et non pas une exécution programmée. La défense d'Affili estime qu'il est farfelu de penser que ce dernier aurait pu organiser un assassinat dans les circonstances qui ont été décrites. Est-il vraiment raisonnable de penser que celui qui aurait planifié les faits aurait organisé cela depuis chez lui, serait allé rencontrer la personne chez elle, aurait utilisé son propre téléphone, aurait recruté les tueurs chez lui ou encore se serait rendu sur place après les faits avec sa propre voiture ? C'est ridicule ! Quand on va pour tuer, on tue de manière directe. On ne se met pas en danger, on tente de ne pas être vu, on tire plusieurs fois et on s'assure de la mort, a insisté Me Mayence. Pour l'avocat, la préméditation des faits ne peut être retenue. Et si c'est un meurtre qui a été commis, il ne peut pas être reproché à Antonio Affili de l'avoir commandité ou d'avoir participé à différentes phases de sa préparation. Affili n'a pas posé d'acte de participation active aux faits et devrait donc être acquitté. Vendredi, la journée sera consacrée aux dernières plaidoiries de la défense.Les conseils de Franco Fraccari plaideront le matin tandis que les avocats d'Annie De Bruin, Christine Bastin et Silvano Bruni plaideront l'après-midi.