Plusieurs dizaines d'ouvriers et de délégués syndicaux de Meister Benelux étaient toujours postés dimanche soir devant l'usine de Sprimont . En début d'après-midi, la direction a tenté de récupérer par la force trois camions remplis de matériel en envoyant sur place une vingtaine d'hommes. Un conciliateur social est également sur les lieux. Dimanche en début d'après-midi une vingtaine de personnes de nationalités allemande et française, habillées de noir, ressemblant fort à une milice privée, sont arrivées sur les lieux avec plusieurs camionnettes et trois camions, explique le bourgmestre de Sprimont, Claude Ancion. Sur le site, ces individus munis de gilets pare-balle et de battes de base-ball notamment, ont essayé de séquestrer les quatre ouvriers chargés de la maintenance du site afin de les empêcher de communiquer avec l'extérieur. L'un des ouvriers est parvenu à prévenir la police. Très vite, ouvriers et délégués se sont massés devant les portes pour empêcher le passage des camions. Vers 16 heures, les vigiles ont tenté de sortir de force en réclamant la protection de la police entre-temps arrivée en nombre, témoigne le bourgmestre. Les syndicats dénoncent cette manoeuvre de force. C'est une situation illégale et anormale. Cette milice a interrompu violemment les activités de l'équipe du matin. Deux travailleurs ont même été blessés, indique René Petit, permanent CSC Météa Liège. Ils cherchent à faire sortir les trois camions mais nous sommes déterminés à les en empêcher. Nous voulons discuter avec la direction, ajoute son collègue Gabriel Smal. En fin d'après-midi, des délégués syndicaux ont rencontré l'avocat de la direction, en compagnie du conciliateur social rappelé sur place. Les syndicats demandent à voir l'administrateur-délégué du groupe allemand et que ce dernier avance des garanties sur la viabilité du site de Sprimont. Des barrages se mettent en place. Nous attendons ici peu importe l'heure à laquelle l'administrateur-délégué arrivera, explique M. Petit. Les travailleurs de Meister Benelux ont appris lundi, lors d'un conseil d'entreprise extraordinaire, que deux importantes commandes qui devaient être réalisées sur le site belge de Meister seront traitées ailleurs. Mercredi, la direction avait été séquestrée par les travailleurs à Sprimont