Après une semaine de préparation, les professeurs des matières dites philosophiques, à savoir de morale laïque et des différentes religions enseignées, donneront cours communs dès lundi et pendant une quinzaine de jours à l'Athénée royal d'Ans, a indiqué dimanche le préfet de l'établissement Manuel Dony.Cette initiative avait déjà été mise en place à la suite des attentats du 11 septembre 2001. Les professeurs ont souhaité réitérer cette expérience après l'attentat à Charlie Hebdo car elle avait donné à l'époque d'excellents résultats, commente le préfet. Cela permet de garantir des espaces de parole qui ne séparent pas, avec des réponses qui ne sont pas forcément singulières. Ce dispositif montre qu'on sait vivre ensemble. Il ne peut cependant pas perdurer, car le pacte scolaire ne le permet pas. A titre personnel, je ne suis pas favorable à ce qu'on arrête l'histoire au pacte scolaire et qu'on le brandisse comme un épouvantail qui fige notre école dans l'immobilisme. Lorsqu'on l'a négocié, on était encore dans une dualité laïquecatholique. Sa finalité était de donner aux écoles catholiques le pouvoiret le droit de faire de l'évangélisation et du prosélytisme.A l'idée de sortir les cours de religion de l'école, l'opinion personnelle de Manuel Dony, nourrie par sa vision de chef d'établissement et de président du Conseil d'éducation et de formation, est que cela reviendrait à laisser la voie libre à des prédicateurs de tout bord. La France a considéré que ce n'était pas le problème de la République, mais elle n'est pas des pays qui ont vu naître le moins de radicalisme ces dernières années. En Belgique, on peut émettre des jugements sur la pédagogie suivie et on peut avertir l'inspection ou la direction si on constate des écarts quant à nos valeurs démocratiques, comme cela s'est passé avec un professeur de religion musulmane de la région de Verviers.Alors que les critiques sur le manque d'efficacité des cours d'éducation civique fusent en France, la ministre de l'Education de la Fédération Wallonie-Bruxelles Joëlle Milquet a décidé d'appliquer l'accord de majorité PS-cdH conclu l'été dernier qui prévoit, à partir de 2016, de progressivement remplacer une des deux heures de cours de religion dans le réseau officiel par une heure d'éveil à la citoyenneté. Manuel Dony se questionne sur le contenu de l'enseignement en termes qualitatif et sur la formation des professeurs: Les cours de religion amènent déjà au débat et visent à rendre solubles les croyances religieuses dans les valeurs démocratiques. En 2012, le Centre d'étude et de défense de l'école publique demandait un cours commun unique visant au renforcement de la formation citoyenne. Il préconisait que celui-ci se fonde sur une connaissance historique des religions et des mouvements de pensée non confessionnels, un pan de l'histoire des hommes délaissé par l'enseignement en France - belga -