Par certains, j'ai été traité d'assassin de mon épouse, couvert de boue, sur base d'affirmations partielles, de fuites orientées et de conclusions hâtives, sans autre forme de procès, sans la moindre preuve, au mépris de la présomption d'innocence, pourtant attachée à tout citoyen, qu'il soit épicier ou député.Parce que cela est très peu su, je voudrais épingler deux réalités lourdes de conséquences dans la perception qu'a pu se faire du drame une large partie de l'opinion.1. Avant même que mes avocats et moi-même n'ayons accès au dossier - et donc ne puissions nous défendre sur des faits -, des éléments, partiels et partiaux, ont été livrés au grand public. Soigneusement et au compte-gouttes. Sans possibilité pour la défense de les contredire, faute de disposer d'un dossier d'accusation digne de son nom.2. Devant les parlements, tandis que mes avocats étaient contraints de plaider sur la forme de la situation , le ministère public a avancé des éléments de fond et uniquement à charge pour justifier ma détention préventive. Des commissaires-députés ont évoqué des accusations « accablantes » : comment aurait-il pu en être autrement puisque seule l'accusation a présenté sa version des faits, alors que mes avocats plaidaient sur les aspects constitutionnels pour lesquels ils avaient demandé à être entendus par les deux commissions parlementaires concernées ?Aujourd'hui, en ces quelques mots, je veux affirmer, à vous toutes et à vous tous, avec les quelques dernières forces que j'ai rassemblées, qu'en aucune manière je ne suis l'auteur de ce drame épouvantable.Je suis un homme profondément non violent et droit, viscéralement attaché au respect de l'intégrité d'autrui, a fortiori de ma propre épouse. Mes proches savent à quel point elle comptait pour moi malgré ses difficultés existentielles. L'idée de ne plus voir Véronique, de ne plus pouvoir la toucher, l'aimer, m'est tout simplement insupportable et m'invite chaque jour à la rejoindre.A celles et ceux qui m'accusent, qui prennent pour acquis qu'il y a eu violence physique de ma part dans cette chambre d'hôtel, je réponds ceci : jamais je n'ai porté de coups à ma femme. J'ai ma conscience avec moi et je suis en paix intérieure. Pourquoi cette certitude chez ceux qui m'accablent : légèreté, aversion spontanée à mon égard ou à celle du courant politique que je représente, délit de sale gueule, absence de sens critique, paresse intellectuelle, réjouissance malsaine