Les témoins de moralité de la victime ont été entendus lundi matin devant la cour d'assises de Liège au procès de Benoit Crahay, un policier liégeois de 43 ans accusé de l'assassinat de son épouse, Martine Ernoux. Les témoins ont confirmé que celle-ci était décidée à reprendre son indépendance lorsqu'elle a été abattue par son mari. Benoit Crahay avait abattu Martine Ernoux, dont il était séparé, de trois balles dans le thorax le 14 août 2011 à Hermalle-sous-Argenteau. Les témoins de moralité ont évoqué la personnalité de la victime. Fleuriste de profession, elle avait longtemps tenu son propre magasin de fleurs à Hermalle-sous-Argenteau, dans lequel Benoit Crahay s'était aussi investi. Après sa séparation et la fin de cette activité d'indépendante, elle avait obtenu une place d'employée dans un autre commerce de fleurs où elle a montré ses qualités. Selon l'employeuse de Martine Ernoux, la victime s'était facilement intégrée dans sa nouvelle situation professionnelle. Séparée de Benoit Crahay sur le plan privé, elle voulait se reconstruire et fuir son ancienne vie. Peu à peu, elle reprenait son indépendance et envisageait de rencontrer d'autres personnes. Mais elle avait encore peur de Benoit Crahay, qui pouvait être violent sous l'influence de l'alcool et qui voulait avoir de l'emprise sur les gens. Plusieurs personnes ont été victimes de campagnes de persécutions menées par l'accusé. Le policier utilisait des GSM différents pour entrer en contact avec toutes les personnes qui fréquentaient ou aidaient Martine Ernoux. Les témoins ont évoqué des insultes, des humiliations, des persécutions et des scènes au cours desquelles des personnes ont été suivies ou pourchassées sur la route. Benoit Crahay pouvait être courtois dans ses messages anonymes à destination de ces personnes puis devenir d'une vulgarité extrême lorsqu'il était contrarié. Martine Ernoux a été décrite telle une femme gentille, souriante et joviale. Elle avait été élevée par une famille appréciée. Active dans une troupe de théâtre, elle était ouverte au dialogue et aimait rendre service. Elle était aussi une mère très attentive à ses enfants et soucieuse de leur épanouissement. Sur le plan professionnel, Martine Ernoux a été décrite comme une fleuriste qui avait un sens artistique très aigu. Elle avait un art consommé du détail et une générosité spontanée. Sa personnalité était axée sur les autres, pour qui elle était toujours disponible. Sur le plan personnel, elle était réputée volontaire, mature et responsable. C'était une femme que tout homme censé devrait aimer, a indiqué un témoin. Aux côtés de Martine Ernoux, Benoit Crahay était perçu comme un homme qui aimait s'amuser lors de ses sorties et consommer de l'alcool à l'excès. Sous l'influence de la boisson, il devenait colérique et se mêlait facilement aux bagarres de fin de soirée. Benoit Crahay a été décrit comme un homme charmeur et gentil qui ne pouvait pas s'empêcher de séduire toutes les femmes de son entourage. Séparé de Martine Ernoux, il considérait qu'il pouvait tout se permettre alors qu'il refusait de voir la victime s'épanouir au contact des autres