L'avocat général Jean-Noël Kraewinkels a requis jeudi matin devant la cour d'assises de Liège une culpabilité d'assassinat contre Najim El Marchouhi, un Liégeois de 31 ans qui avait abattu Mounir Sinouh à Grivegnée en novembre 2011. Le ministère public a insisté sur le caractère prémédité des faits. Najim El Marchouhi avait abattu de huit coups de feu Mounir Sinouh le 10 novembre 2011. Les faits s'étaient déroulés dans le café Le 24 situé rue Haute-Wez à Grivegnée, peu après 1 heure du matin. Au cours de son réquisitoire, l'avocat général a insisté sur les circonstances des faits. Il a souligné que Najim El Marchouhi s'est présenté sur le lieu des faits avec une arme chargée, dissimulée et avec une cartouche déjà engagée. La détermination de Najim El Marchouhi était évidente. Il a couru sur une distance de 27 mètres en poursuivant la victime jusque dans le café. Il a tiré huit balles. Lorsqu'il tirait, il entendait les hurlements de sa victime déjà blessée, a exposé l'avocat général. Le ministère public a affirmé que Najim El Marchouhi a bien commis un assassinat. L'avocat général a relevé que les faits ont été précédés d'un contexte de menaces et que l'accusé avait préparé son arme. Lors d'une rencontre préalable, il avait pu constater que la victime n'était pas armée. La façon dont Mounir Sinouh a été abattu démontre encore la détermination et la froideur avec laquelle Najim El Marchouhi a commis les faits. Il a sorti son arme. C'était pour lui le pouvoir absolu de donner la mort. Il a choisi ! , a requis l'avocat général. Avant ce réquisitoire, les avocates des parties civiles ont réclamé la culpabilité de l'accusé pour des faits d'assassinat. Me Valérie Chantry a affirmé que Mounir Sinouh a été abattu comme on n'abat pas un animal et qu'il a été achevé de plusieurs tirs dans la tête. Me Spenranza Spadazzi a relevé que Najim El Marchouhi a déjà été condamné à plusieurs reprises, notamment pour des faits de vol avec violences et de coups sur sa compagne. C'est un homme qui règle ses conflits par la violence. Il n'a pas effectué des tirs compulsifs, comme il le prétend, mais des tirs calculés et ciblés, a plaidé l'avocate. Pour les parties civiles, Najim El Marchouhi est un asocial qui n'a pas assimilé les règles de vie en société et pour qui la vie d'autrui n'a pas grande importance. La victime était à l'opposé de ce tableau. Idéaliste, Mounir Sinouh cadrait les jeunes et canalisait leur énergie. Il mettait son expérience au profit des autres, a certifié Me Spadazzi.