L'avocat général Marianne Lejeune a requis mercredi devant la cour d'assises de Liège une culpabilité d'assassinat contre Ennio de Felice, un Liégeois de 55 ans qui avait tué, en 2009, son frère Mario de Felice de plusieurs coups de feu. Les faits reprochés à l'accusé s'étaient déroulés le 6 mars 2009 vers 12h30 à Vottem . Une violente dispute verbale avait opposé Ennio de Felice, son frère Claudio et sa soeur Maria à leur frère Mario de Felice à la veille des funérailles de leur mère. Ennio de Felice s'était emparé d'un pistolet et avait fait feu à huit reprises sur son adversaire. Au moins sept projectiles ont traversé le corps de la victime. Le ministère public a présenté un réquisitoire très modéré contre l'accusé et a déjà annoncé que ce dernier pourrait éventuellement bénéficier de circonstances atténuantes larges au niveau de la peine. A ce stade du procès, l'avocate général Marianne Lejeune a cependant réclamé aux jurés de déclarer Ennio de Felice coupable d'assassinat. Le jour des faits, il a tiré à sept reprises sur son frère et a atteint des zones vitales. Les tirs étaient mortels et l'issue était évidente. Il faut aussi souligner la répétition des coups de feu qui ont chacun nécessité une pression de plus de 4 kilos sur la détente, a indiqué l'avocate général. Mme Lejeune affirme que les faits ont été prémédités par Ennio de Felice. Après avoir été opposé à son frère dans une dispute verbale, il est sorti de la maison, a fait 30 mètres dans le jardin, s'est muni d'une arme qu'il avait déposée un mois plus tôt dans un abri, a fait le trajet retour puis a fait feu sur son frère. Je vois dans toutes ces étapes la préméditation des faits, a relevé l'avocate général. Mais elle a également précisé qu'elle laisse les jurés apprécier de l'opportunité de retenir la préméditation des faits. Même si les jurés doivent se prononcer à ce stade uniquement sur la culpabilité, l'avocate général a évoqué des échelles de peine. Mme Lejeune estime que l'accusé bénéficie de circonstances atténuantes et pourrait même être sanctionné d'une peine avec sursis. Sa famille n'a jamais été confrontée à la justice et se comportait très bien. De plus, les faits ont été commis dans des circonstances inhabituelles. Il ne faut pas banaliser le geste mais il fait aussi savoir le comprendre, a-t-elle ajout