Lors des faits qui ont causé la mort de Christophe Michel, deux autres personnes ont échappé de peu à une issue dramatique, ont confirmé mardi des témoins et experts devant la cour d'assises de Liège. Sajmir Lalaj a d'abord tiré à trois reprises dans les jambes d'un adversaire. Après le tir mortel réalisé sur Christophe Michel, l'accusé a encore tenté de faire feu en direction d'un second poursuivant mais a manqué de munitions. Sajmir Lalaj a abattu Christophe Michel le 25 septembre 2011 lors d'une garden party à Berneau . La victime, un portier âgé de 39 ans, avait tenté de maîtriser et de désarmer l'accusé lors d'une altercation mais Sajmir Lalaj s'est dégagé et a fait feu sur lui tout en prenant la fuite. Le médecin légiste Eric Lemaire a déterminé que Christophe Michel a été atteint d'un seul coup de feu. La balle a pénétré l'avant de son corps au niveau de l'aisselle droite, a traversé le poumon et s'est logée à proximité de la colonne. Christophe Michel n'est pas mort sur le coup mais a été victime d'une hémorragie importante. Il a inhalé son propre sang et a fait un arrêt cardiaque. Son décès est survenu assez rapidement, dans les minutes qui ont suivi le tir. Le médecin légiste a ensuite contredit une des thèses soulevées par l'accusé. Sajmir Lalaj prétend qu'il a été victime d'un coup sur la tête qui a atténué ses réflexes et qui a engendré chez lui une perte de mémoire relative au déroulement de la scène. Mais le médecin légiste a souligné que cette version n'était pas compatible avec les constatations réalisées. Les symptômes d'amnésie allégués par l'accusé ne sont possibles que dans le cas d'une commotion cérébrale. Or, durant tout le déroulement de la scène, Sajmir Lalaj n'a jamais lâché son arme et ne s'est pas écroulé. Ces précisions permettent à l'expert de dire que l'accusé n'a pas été victime d'une commotion cérébrale et qu'il n'a pas perdu la mémoire en raison d'un éventuel coup reçu sur la tête. L'expert en balistique José Serrano a précisé que l'arme utilisée était un révolver Nagant de calibre 7,62 millimètres. Cette arme, létale, nécessitait une pression de 4,8 kilos sur la détente. Lors de la scène qui a entraîné le décès de Christophe Michel, Sajmir Lalaj a également fait feu en direction de deux autres personnes. Christophe B. a été atteint de trois tirs à proximité de zones vitales aux jambes. Selon lui, Sajmir Lalaj l'a frappé en premier parce qu'il avait dansé avec une de ses amies. Christophe B. a répliqué puis Sajmir Lalaj a fait feu dans sa direction. Cette scène a précédé l'intervention lors de laquelle Christophe Michel a été tué. Steve B. assurait la prestation de disc-jockey lors de cette garden party. Lorsque Sajmir Lalaj a pris la fuite, il a été poursuivi par cet homme. Dans sa course, l'accusé s'est retourné et a pointé son arme en sa direction. Il a rigolé en me regardant, il avait l'intention de combattre. Il a fait un mouvement, comme pour tirer. J'ai entendu le déclic mais aucune balle n'est partie, a précisé la victime. Selon ce témoignage, après avoir abattu Christophe Michel, Sajmir Lalaj aurait tenté de tuer son second poursuivant. Il aurait échoué uniquement parce que son arme était vide. Les témoins des faits seront entendus mercredi.