Plusieurs indices ont démontré que Romain Schreul a empoisonné sa tante Béatrice Malmendier en 2006, ont exposé mercredi après-midi les enquêteurs lors de son procès devant la Cour d'assises de Liège. Le décès aurait d'abord été maquillé en suicide par Schreul puis celui-ci aurait influencé un médecin afin qu'il rédige un certificat de décès par mort naturelle. Les enquêteurs ont révélé que c'est lors des investigations réalisées dans le cadre du décès de Kanchana Raemkhonburi survenu en septembre 2007 qu'ont été révélés des indices relatifs à l'empoisonnement de Béatrice Malmendier le 25 mars 2006. Romain Schreul est suspecté d'avoir tué sa tante. La mère de Kanchana Raemkhonburi, entendue par les policiers d'Eupen lors d'une commission rogatoire en Thaïlande, les a prévenus qu'elle avait reçu les confidences de sa fille avant son décès. Romain Schreul lui avait expliqué qu'il avait empoisonné sa tante avec l'aide d'un médecin qui avait fermé les yeux sur les circonstances réelles du décès. La victime avait été incinérée, contrairement à ce qu'elle avait demandé dans son testament qui prévoyait un enterrement dans le caveau familial. Comme dans le cas de Kanchana Raemkhonburi, Romain Schreul l'aurait fait incinérer afin de faire disparaître les traces d'empoisonnement. Romain Schreul a tenté de faire passer ce décès comme un suicide et avait évoqué une lettre d'adieux rédigée par Béatrice Malmendier. Mais cette lettre a été rédigée le 28 mars 2006, soit quelques jours après le décès, sur l'ordinateur de Romain Schreul. L'enquête a par ailleurs démontré que cette victime ne savait pas se servir d'un ordinateur et qu'elle rédigeait ses écrits à la main. Béatrice Malmendier avait contracté une assurance décès. Elle avait choisi un enterrement avec une messe. Mais après le décès, c'est Romain Schreul qui a fait les démarches auprès de l'assureur pour faire changer les modalités des funérailles et privilégier la crémation. Lors de cet empoisonnement, Romain Schreul serait parvenu à manipuler le médecin afin d'obtenir de lui qu'il falsifie la déclaration de décès. Ce docteur a confirmé durant l'enquête qu'il a découvert le corps de la victime dans la cuisine. Selon lui, de la mousse de couleur bleu-vert sortait de sa bouche et cela laissait supposer un suicide avec détergent. Lors de ce constat, Romain Schreul a remis au médecin une lettre qui aurait été rédigée par Béatrice Malmendier à destination de ce médecin. Dans cet écrit, le médecin était remercié pour les services rendus. L'enquête a également démontré que le médecin a rédigé un certificat de décès incorrect et qui évoquait un décès naturel survenu à la suite d'un anévrisme. Ce médecin s'était justifié par la nécessité de préserver les membres de la famille de la cause réelle de la mort. Les enquêteurs et le juge d'instruction poursuivront les présentations de leurs exposés jeudi matin.