La cour d'assises de Liège a entamé lundi le procès de Najim El Marchouhi, un Liégeois de 31 ans accusé d'avoir commis l'assassinat de Mounir Sinouh en novembre 2011. L'accusé a confirmé au cours de son interrogatoire qu'il était bien l'auteur des faits qui ont coûté la vie à Mounir Sinouh mais il prétend ne plus de souvenir de la scène. Najim El Marchouhi avait abattu de huit coups de feu Mounir Sinouh le 10 novembre 2011. Les faits s'étaient déroulés dans le café Le 24 situé rue Haute-Wez à Grivegnée peu après 01h00 du matin. Mounir Sinouh avait fréquenté ce café durant la soirée. Peu avant l'heure de fermeture, il s'était rendu quelques minutes à l'extérieur de ce débit de boissons pour discuter. Il y était revenu pourchassé par Najim El Marchouhi qui avait tiré sur lui à huit reprises. La victime est décédée immédiatement, touchée par des tirs effectués à très courte distance dans le dos, à la nuque et à la tête par un pistolet 9 mm. Lors de son interrogatoire par le président Stéphane Goux, Najim El Marchouhi a confirmé avoir vécu une enfance heureuse depuis son arrivée en Belgique, alors qu'il avait rejoint son père qui était mineur dans les charbonnages. Il n'a pas terminé ses études, même s'il se destinait à la mécanique. En mai 2011, il est devenu papa d'un enfant avec sa compagne officielle, tout en entretenant une liaison avec une maîtresse. Pour expliquer les faits, Najim El Marchouhi a fait état d'une fusillade qui avait eu lieu en 2009 durant laquelle il avait été la cible d'auteurs qui ont été condamnés depuis lors. Deux personnes avaient tiré à la kalachnikov sur la voiture et l'immeuble de sa famille. Najim El Marchouhi a exposé qu'il se sentait encore menacé. Même si deux personnes avaient été condamnées pour cette fusillade, l'accusé a appris d'une tierce personne que Mounir Sinouh aurait pu être impliqué lui aussi. Il avait cru à cette version, qui était cependant fausse. La nuit des faits, Najim El Marchouhi avait pensé organiser une confrontation entre Mounir Sinouh et celui qui l'avait dénoncé. Je voulais savoir s'il était impliqué dans la fusillade. Je savais que Mounir Sinouh voulait me tirer dessus avec sa bande car il avait mis un contrat sur ma tête. Dans la discussion, il m'a mis un coup de boule dans le visage. J'ai vu une arme derrière son dos. J'étais aussi porteur d'une arme, je suis toujours armé pour me protéger. J'ai pris mon arme et j'ai tiré. Mais je ne me souviens plus de rien. C'est le trou noir! L'accusé a prétendu qu'il ne se souvenait pas de la scène lors de laquelle il a tiré à huit reprises sur la victime. Il se souvient par contre qu'il s'est rendu à Bruxelles pour se livrer à la police le lendemain. Je regrette sincèrement ce qui s'est passé. J'ai commis l'irréparable mais je ne l'ai pas voulu. Je voulais juste parler avec Mounir Sinouh. Mais cela s'est passé tellement vite que je n'ai pas compris ce qui est arrivé, a affirmé l'accusé