Mounir Sinouh craignait de se faire agresser par Najim El Marchouhi, a rapporté mardi après-midi l'un des frères de la victime devant la Cour d'assises de Liège. Deux jours avant d'être abattu de huit balles, Mounir Sinouh avait désigné Najim El Marchouhi comme l'homme qui l'avait menacé de mort. Le frère de la victime a confirmé aux jurés que Mounir Sinouh l'avait prévenu deux jours avant les faits qu'il avait été menacé de mort par Najim El Marchouhi. L'accusé était convaincu que Mounir Sinouh était impliqué dans une fusillade. Même si les auteurs de cette fusillade avaient été arrêtés, Najim El Marchouhi s'entêtait à croire que Mounir Sinouh y était lié. C'était comme de la persécution. Tout le monde savait que notre frère n'était pas impliqué dans cette fusillade. Pourtant, Najim El Marchouhi était déterminé à le tuer car il refusait de croire l'évidence. Il avait montré à notre frère qu'il était armé et qu'il allait en découdre, a exposé le frère de Mounir Sinouh. Najim El Marchouhi avait abattu de huit coups de feu Mounir Sinouh le 10 novembre 2011. Le propriétaire du café dans lequel se sont déroulés les faits a raconté que Mounir Sinouh était un client habituel de son établissement. Le soir des faits, selon ses habitudes, Mounir Sinouh a fait des allées et venues fréquentes dans le café. Il était un client discret qui gérait une salle de sports de combat dans le quartier. Il était habituellement très calme et ne portait jamais d'arme à feu. Le cafetier a rapporté que, vers 1 h du matin, il a entendu une première détonation à l'extérieur de son établissement. Mounir Sinouh est rentré, pourchassé par Najim El Marchouhi. D'autres coups de feu ont éclaté. Puis, Mounir Sinouh s'est effondré au sol en regrettant d'avoir été touché. Un habitant de la rue a également assisté à la scène. Depuis son appartement, il a entendu une série de trois détonations puis une autre de quatre détonations. Ce témoin a entendu un hurlement puis il a vu l'agresseur entrer dans une voiture et prendre la fuite. Un autre voisin a assisté à l'altercation verbale qui a opposé Najim El Marchouhi et Mounir Sinouh quelques secondes avant les coups de feu. Ils se disputaient dans une langue étrangère. Après les premières détonations, Mounir Sinouh a entamé sa course vers le café pour tenter d'échapper à son agresseur. La Cour a également entendu la personne qui était avec Najim El Marchouhi le soir des faits et qui l'a véhiculé sur place. L'homme a assisté à une première scène au cours de laquelle Najim El Marchouhi aurait été rassuré sur le fait que Mounir Sinouh n'était pas lié à une fusillade qui avait visé sa famille. La deux hommes se seraient alors quittés. Puis, Najim El Marchouhi a insisté pour revenir auprès de lui. Il m'a certifié qu'il voulait s'excuser de l'avoir accusé. Mais c'est là qu'une altercation s'est produite, qu'il a sorti son arme et qu'il a tiré. Najim El Marchouhi m'a affirmé ensuite qu'il avait fait feu parce que Mounir Sinouh lui avait porté un coup, a expliqué le témoin. Les derniers témoins seront entendus mercredi.