La cour d'assises de Liège a entendu mercredi matin les derniers témoins au procès de Xavier Lurquin, un Liégeois de 23 ans accusé d'avoir commis un vol avec circonstance aggravante de meurtre. L'accusé a été décrit comme un affabulateur qui, sous l'influence de la boisson, s'invente une vie de combattant. Xavier Lurquin est accusé d'avoir tué Didier Hodeige entre le 26 septembre et le 1er octobre 2011 à Liège. L'accusé avait porté de nombreux coups à la victime et avait tenté d'incendier sa dépouille. Il avait ensuite volé ses effets personnels. La personnalité de Xavier Lurquin a été évoquée par différents témoins lors de l'enquête et lors du procès. Surnommé Junior par les membres du milieu marginal qu'il fréquentait, Xavier Lurquin était connu pour un côté vantard lorsqu'il était sous l'influence de la boisson. Les déclarations des témoins contrastent avec ce que l'accusé avait déclaré en début de procès puisqu'il prétendait ne pas souffrir de problème de boisson. Mais les témoins ont évoqué des épisodes de délires alcoolisés, lors desquels ses déclarations sont toujours axées autour de la guerre, de combats ou de Hitler. Xavier Lurquin dit être passionné par la guerre. Sous l'influence de la boisson, il affirme qu'il a été béret noir, qu'il est militaire, qu'il a fait l'Afghanistan et qu'il a tué des femmes et des enfants. Des témoins ont exposé que lorsqu'il est désinhibé, Xavier Lurquin devient dangereux. Il aurait ainsi à plusieurs reprises empoigné des personnes à la gorge lors de bagarres. Le père de l'accusé a présenté son fils comme un adolescent normal, qui s'intéressait au football, aux sports de combat et à l'histoire. Sa rencontre avec une femme plus âgée que lui de 20 ans correspondrait avec le début de sa perte de repères. Il se serait mis à boire et à consommer des stupéfiants sous l'influence de cette femme plus autoritaire que lui. La personnalité de la victime a été abordée par plusieurs témoins. Didier Hodeige a perdu son père alors qu'il était très jeune et en a été très affecté. Il avait perdu ses repères. A partir de 1996, il s'est marginalisé et a fréquenté des gens issus d'un milieu plus défavorisé. Didier Hodeige a été décrit comme un homme bien, serviable et sympathique. Il était également très adroit de ses mains dans le domaine de la mécanique et de la carrosserie. Très gentil, Didier Hodeige était un fanatique de mangas. Selon les témoins de moralité, Didier Hodeige présentait une contradiction: il se sentait comme l'homme le plus fort du monde mais il n'était pas violent. Il détestait l'agressivité et les mots déplacés. Sa mère l'avait fait placer sous administration provisoire en raison de ses problèmes de santé mais cela l'avait contrarié. Les 42 témoins convoqués au procès ont été entendus. Les débats ont été suspendus afin de permettre à toutes les parties de préparer le réquisitoire et les plaidoiries. Ces interventions auront lieu jeudi dès 9 h