Les avocats d'Ennio de Felice ont contesté mercredi lors de leurs plaidoiries devant la cour d'assises de Liège la préméditation des faits commis par l'accusé. La défense a détaillé le contexte familial tendu qui existait entre la victime et ses frères et soeurs pour expliquer les raisons qui ont poussé Ennio de Felice à faire feu. La défense d'Ennio de Felice, Me Christophe Bodson et Me Jérôme Geenen, a décrit l'ambiance qui régnait dans la famille à l'époque des faits. Mario de Felice, la victime, souhaitait vivre au crochet de ses parents tout en se montrant autoritaire. Il avait été forcé par ses parents, de leur vivant, à prendre plus d'autonomie et à quitter la maison parentale. Mario en avait conservé une rancoeur particulière et en voulait à ses frères et à sa soeur. Après le décès du père, c'est la soeur, Maria de Felice, qui était devenue administratrice des biens de la maman. Mario de Felice ne l'avait pas accepté, persuadé qu'il s'agissait d'une cabale montée par la fratrie. Le climat familial était particulièrement tendu. Les faits se sont produits à la veille des funérailles de la maman. Ennio de Felice avait veillé sa mère durant les 7 jours précédant son décès. Ennio de Felice, particulièrement attaché à sa maman, était épuisé. Il était sensible et fatigué. Dans le huis clos familial qui a suivi le décès, l'arrivée de Mario, venu narguer son frère Claudio en lui souhaitant un bon anniversaire, a provoqué la dispute. Les trois frères et soeurs unis se sont sentis menacés, a précisé la défense. C'est ainsi que la défense a décrit le contexte dans lequel Ennio de Felice a pris l'arme. Selon Me Bodson, il s'agissait initialement de faire peur à Mario pour le faire partir. Mais Mario n'a pas eu peur. Il a avancé et Ennio s'est retrouvé dos à un mur. C'est par automatisme, dans un climat de peur et d'excitation, qu'il a vidé son chargeur, a annoncé la défense. Me Geenen a pour sa part remis en question l'aspect prémédité de la scène. L'avocat a affirmé qu'Ennio de Felice a été emporté par son état de colère. Ses capacités de réflexion étaient amoindries. Lorsqu'il s'est muni de l'arme, son intention n'était pas de tirer sur la victime mais uniquement de lui faire peur pour l'éloigner. Tout démontre que son geste n'a pas été planifié et qu'il n'a pas été commis de sang froid, a annoncé Me Geenen. Les jurés ont entamé leur délibération en fin de matinée. Le verdict pourrait déjà être connu en début d'après-midi