Le procès de Romain Schreul et de Marie Hélène Malmendier a de nouveau été suspendu vendredi matin devant la Cour d'assises de Liège à la suite de deux incidents de procédure. Les avocats des deux accusés ont débattu de problèmes liés à la traduction de pièces ou à des méthodes d'infiltration. La Cour doit rendre un arrêt avant la poursuite éventuelle du procès. Romain Schreul répond de deux meurtres par empoisonnement et de cinq projets d'assassinats. Sa mère Marie Hélène Malmendier , seconde accusée, l'aurait aidé dans son projet d'éliminer des témoins gênants. La cinquième journée du procès a débuté par les débats relatifs à l'incident de procédure survenu la veille lors des témoignages des enquêteurs. Ces enquêteurs avaient procédé à une écoute téléphonique entre Romain Schreul et sa mère. Cette conversation avait eu lieu en patois allemand. Les enquêteurs l'ont traduite en allemand par leurs propres connaissances. La pièce a ensuite été traduite en français par un traducteur juré. Selon Me Martin Orban, des nuances déterminantes sont apparues entre la conversation initiale et la traduction finale française. La défense de Marie Hélène Malmendier a constaté que ces nuances sont le résultat d'une erreur de procédure puisque la traduction du patois allemand vers l'allemand a été réalisée par les enquêteurs, sans le recours nécessaire à un traducteur juré ou à un traducteur qui a prêté serment. Me Judith Orban a réclamé l'écartement de ces pièces du dossier de procédure ou le recours à un traducteur juré ou à un traducteur indépendant. La défense de Romain Schreul a elle aussi déposé des conclusions relatives à un autre incident de procédure. Ils ont relevé qu'une procédure d'infiltration policière avait été réalisée durant l'enquête mais que le dossier présenté devant les jurés ne comporte pas le procès verbal qui autorise cette infiltration. Me Florence Gobron a sollicité que la procédure d'infiltration soit déclarée nulle et que toutes les pièces qui s'y rapportent soient écartées du dossier. A défaut, elle réclame le renvoi du dossier devant la chambre des mises en accusation pour un règlement de procédure. L'avocat général a estimé que les demandes des conseils de la défense devaient être écartées. Relativement au problème de traduction, Mme Schils a estimé la demande tardive. Elle estime par ailleurs que les pièces litigieuses, qui représentent 75 pages, doivent être maintenues à la procédure. Sur le problème d'autorisation relatif à l'infiltration policière, elle a affirmé que le document existe bien et se trouve dans un dossier confidentiel. Cette procédure a déjà été vérifiée par la chambre des mises en accusation. La Cour doit rendre un arrêt sur ces incidents de procédure. Cet arrêt devrait être prononcé en cours de matinée