Le Colonel Luc Scevenels des Pompiers de Liège est l'invité de l’actualité cuisiné pour une demi-heure d’infotainment, histoire de découvrir une personnalité et la semaine d’infos autrement.
Une réalité bien plus large que les seuls incendies
À Liège, les pompiers sont appelés sans relâche. Avec près de 9 400 interventions en un an, soit plus de 25 sorties par jour, la zone de secours couvre un territoire vaste et dense, au service de quelque 550 000 habitants répartis sur 21 communes. Derrière ces chiffres, l’émission met en lumière une réalité souvent méconnue : le métier de pompier ne se résume pas à combattre les flammes.
Face au colonel Luc Scevenels, à la tête de la zone 2 de l’IILE-SRI depuis 2014, un constat s’impose d’emblée : les interventions incendie ne représentent qu’une partie du quotidien. Les pompiers de Liège interviennent aussi pour des ouvertures de portes en situation d’urgence, du balisage routier, des missions d’ambulance, du nettoyage de chaussée ou encore de la planification d’urgence. Autant de tâches indispensables au bon fonctionnement des secours, mais rarement visibles du grand public.
Ouvertures de portes, fausses alertes et sécurité du terrain
Parmi les évolutions marquantes relevées dans le bilan 2025, l’augmentation des ouvertures de portes interpelle. Ce type d’intervention, en forte hausse, illustre à quel point les secours se situent au croisement du risque domestique, de la détresse humaine et de la prévention. L’émission montre aussi pourquoi les pompiers ne remplacent ni les serruriers ni la police, même si leur action devient parfois déterminante dans les premières minutes d’une urgence.
Autre facette moins connue : le balisage routier. Lors d’un accident, d’un secours médical ou d’un obstacle sur la chaussée, protéger les équipes sur le terrain est une priorité absolue. Cette mission, plus technique qu’on ne l’imagine, vise à éviter les sur-accidents et à sécuriser l’intervention. À cela s’ajoutent les fausses alertes, nombreuses, qui mobilisent inutilement hommes et matériel sans que les équipes puissent en mesurer la nature avant d’arriver sur place.
Le feu change, les interventions aussi
Le coeur du métier reste évidemment lié aux incendies, qui représentent environ un quart de l’activité. Mais là encore, la discussion dépasse les images classiques associées aux sapeurs-pompiers. Le comportement du feu évolue avec les nouvelles constructions, les maisons mieux isolées, les matériaux contemporains et les technologies embarquées dans les véhicules ou les bâtiments. Cela impose d’adapter les formations, les tactiques et les réflexes opérationnels.
L’émission revient aussi sur des événements qui ont marqué Liège, notamment l’incendie de la tour Kennedy en juillet 2024. Ce drame, qui a profondément touché la ville et les secours, a débouché sur un retour d’expérience détaillé. Reconnaissance des bâtiments, connaissance du terrain, lecture des accès et compréhension des configurations intérieures : autant d’enseignements qui pèsent désormais dans la préparation des équipes. La même logique de réflexion traverse l’évocation d’autres drames récents, en Belgique et ailleurs, avec une question de fond : comment mieux anticiper des situations qui, par nature, échappent souvent au scénario prévu ?
Un métier dangereux, une charge mentale bien réelle
Au fil de l’échange, une autre dimension prend de l’ampleur : celle du risque permanent. Le danger ne se trouve pas seulement dans les flammes, mais aussi sur la route, dans les fumées, dans les lieux confinés ou dans l’imprévu de chaque intervention. La fumée, justement, apparaît comme un ennemi aussi redoutable qu’invisible pour le public, car elle réduit la visibilité, provoque la panique et complique toute évacuation.
Enfin, l’émission ouvre un volet essentiel sur la charge mentale. Les pompiers sont préparés physiquement, mais l’accumulation des interventions, des drames humains et des décisions critiques laisse des traces. Débriefings, partages d’expérience et appui psychologique font désormais partie de l’arsenal nécessaire pour tenir dans la durée.
Ce numéro d’Actu L donne ainsi à voir un métier exigeant, polyvalent et profondément humain. Pour comprendre ce qui se joue réellement derrière chaque départ en intervention, il faut regarder la vidéo : plusieurs enjeux y prennent une résonance que les chiffres seuls ne suffisent pas à traduire.
Regardez la vidéo pour découvrir, au-delà du bilan chiffré, les réalités concrètes du terrain, les enseignements tirés des drames récents et les défis quotidiens auxquels les pompiers à Liège sont confrontés. Un échange dense, utile et éclairant, qui donne une autre mesure de ce que signifie aujourd’hui porter secours.