La Cie A la Courte Echelle présente "Martinez", une pièce inspirée par les dérives révélées dans l'industrie du cinéma. En racontant le processus de création et réalisation d'un film, le spectacle interroge le pouvoir et les abus dans le septième art.
Pour cette 5ème création, la Cie A la Courte Echelle s’est inspirée des auditions menées par la commission d'enquête française relative aux violences commises dans les secteurs du cinéma, de l’audiovisuel, du spectacle vivant, de la mode et de la publicité, en 2024, présidée par Sandrine Rousseau.
Co-écrite par Luc Jaminet et Fred Lorent, avec la participation des membres de la Cie, la pièce scrute les zones d’ombre du cinéma. A première vue, l’histoire ressemble à un conte de fées moderne. Une très jeune comédienne, propulsée sous les projecteurs, reçoit un prix d’interprétation à Cannes pour son tout premier film. Elle semble vivre un rêve et dédier sa vie au cinéma. Mais alors que l’équipe l’attend pour célébrer cette consécration à l’hôtel Martinez, haut lieu du festival, la réalisatrice apprend qu’elle s’est suicidée en se jetant du balcon de sa chambre d’hôtel. Que s’est-il passé ? Quel traumatisme, quelle violence, quel abus ont pu conduire à un tel geste ? Le spectateur passe alors de flashbacks en flashbacks : la rencontre entre la réalisatrice et le producteur, le casting, les liens avec les autres membres de l’équipes. A l’image de ce qui est apparu lors des auditions de la commission, les témoignages évoquent des faits de harcèlement, d’abus, mais aussi des formes plus diffuses de maltraitance au travail sur les plateaux. Là où les vedettes minimisent en expliquant que le secteur est ainsi fait, les « petites mains » - maquilleuses, machinistes, régisseurs, scriptes, … - dénoncent des comportements déplacés, un manque de respect ou des rapports de pouvoir déséquilibrés. « Martinez » s’inscrit dans cette dynamique d’état des lieux du cinéma actuel. Le spectacle questionne, suggère, met en tension. Le cinéma est raconté par le théâtre. La compagnie a choisi de rester résolument dans son registre théâtral pour parler du septième art. Pas de véritable caméra sur scène mais des écrans de projection, des effets de cadrage simulés, et surtout l’imaginaire du spectateur comme moteur principal. Derrière les façades luxueuses et les tapis rouges, la pièce suggère une autre réalité, plus sombre, moins photogénique. En confrontant l’image glamour du cinéma à la question des violences et des abus, la Compagnie A la Courte Echelle interroge un système tout entier. Qui détient le pouvoir ? Qui parle ? Qui se tait ? Et à quel prix ?
« Martinez » est à voir du 5 au 18 mars, à la Courte Echelle, 29 rue de Rotterdam, à 4000 Liège. Réservations : www.courte-echelle.be
Attention : le spectacle est déconseillé aux moins de 16 ans en raison d’une scène de violence à caractère sexuel avec nudité partielle, susceptible de heurter la sensibilité des jeunes spectateurs
Avec (par ordre d’apparition) : Ljubica Puraye, Piera Fontaine, Henri Lemlin, Stéphane Strepenne, Raphaël Livet, Anne Dujardin, Frédéric Lorent, Dominique Fagard, Jessica Bof et Florence Mattez
Voix off : Graziella Cannata, Carole Cuelenaere et Frédéric Burdot
Écriture : Luc Jaminet et Frédéric Lorent
Mise en scène : Luc Jaminet
Costumes : Nathalie Seron
Visuel : Vincent Lemineur
Photos : Henry Magerès
Régie : Alex Fontaine
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