En marge de l’exposition consacrée à Robert Doisneau, des étudiants de l’Académie royale des Beaux-Arts et de Saint-Luc à Liège ont été invités à exposer leur travail. Celui-ci s’inscrit dans les thèmes chers Doisneau actuellement exposé à la Boverie.
« Doisneau, regards croisés » a permis aux élèves des écoles supérieures des Beaux-Arts et de Saint-Luc de confronter leur propre regard au travail de Robert Doisneau. Les élèves de Saint-Luc ont réalisé un travail collectif sur cinq jours, tandis que ceux des Beaux-Arts ont développé une démarche plus individuelle, inscrite dans la durée.« Je dirais que c’est la mise en valeur des problématiques sociales qu’il y a eues dans mon village avec l’impact de l’aéroport de Bierset, qui s’est agrandi et a causé des déménagements. Je voulais mettre en lumière l’impact que cela a eu sur ma famille et sur mon village », explique Sylvain Seret, étudiant en master graphisme aux Beaux-Arts de Liège.
« J’ai photographié des personnes un peu seules ou des éléments isolés. Le thème, c’est plutôt la solitude. Le lien avec Doisneau, c’est surtout l’argentique. Il a principalement travaillé en argentique et, moi aussi, c’est la base de mon travail : je ne fais presque que ça », explique Wendy Braham, étudiante en bachelier dessin aux Beaux-Arts de Liège.
L’enfance, la banlieue, la poésie ou encore la fragilité sociale, les jeunes photographes revisitent ces sujets avec leur sensibilité, offrant un dialogue intergénérationnel entre héritage artistique et regard contemporain.« On parle beaucoup de la jeunesse en disant qu’on a du mal à la comprendre, surtout les générations actuelles avec le numérique, etc. Et finalement, ici, dans l’exposition en lien avec celle consacrée à Doisneau, on retrouve une forte humanité, une attention aux autres, à la relation, à l’amitié, à la famille, à toutes ces choses qui nous relient les uns aux autres. Et ça, c’est réconfortant, je dois dire », explique Roland Decaudin, directeur de l’École supérieure des Arts Saint-Luc Liège.
« Ce qui est le plus important, c’est de motiver les étudiants et qu’ils se rendent compte qu’il est possible de montrer et de partager leur travail, de partager leurs univers. Et ça galvanise ! », explique François Goffin, professeur de photographie aux Beaux-Arts de Liège.
L’exposition a reçu l’approbation des deux filles de Robert Doisneau, attentives au respect de l’œuvre et de l’esprit de leur père. « C’était nécessaire, car les filles de Doisneau et l’Atelier Doisneau sont très rigoureux quant au respect du travail artistique de leur père. Nous leur avons donc proposé cette initiative. Elles ont été assez enthousiastes, mais toujours dans le respect de l’esprit Doisneau », explique Élisabeth Fraipont, échevine de la Culture à Liège.
Au total, plus de 80 élèves ont pris part à ce projet commun. Leurs photographies sont à découvrir jusqu’au 19 avril à l’Espace Roseraie de la Boverie, à Liège.