Samedi 6 juin, c'est une journée studieuse qui s'est tenue à l'académie du club de foot du RFC Seraing, avec la tenue d'un premier congrès annuel dédié au coaching des gardiens de but et qui ambitionne de devenir une référence en la matière.
Au menu, dès 9h du matin, des séances théoriques de 30 minutes suivies de mises en pratique d'une heure sur le terrain et dispensées par des orateurs bien connus dans le milieu. A la base de l'organisation, on retrouve une asbl qui s'est fixée une mission de valorisation et de promotion du métier d'entraîneur de gardien, tous niveaux confondus.
"Chaque entraîneur était libre de proposer le thème qu'il voulait. Il le présente et puis après, il y a des échanges, des questions-réponses. Et le but, c'est vraiment d'apprendre de chacun. Parce que quel que soit le niveau des entraîneurs, des participants, aujourd'hui, on peut apprendre de tout le monde finalement", explique Jérémy Cutaia, fondateur du Belgian Goalkeeping Congress.
Le matin, Emmanuel Miraglia, entraîneur des gardiens à la RAAL (La Louvière), a abordé la question de l'importance de la reconnaissance des informations dans le jeu, testant les gardiens avec une plaque de déviation.
Pierre Derbaudrenghien, entraîneur en poste à Seraing, et passé par les jeunes au Standard, s'est ensuite penché sur les situations de un contre un, des moments déterminants qui peuvent décider de l'issue d'une rencontre et qu'il est important d'intégrer dans des situations d'entraînement.
"La situation que j'essayais de mettre en évidence, c'était celle justement de gestion, celle où le gardien ne se jette pas comme un fou et prend rapidement la décision de temporiser, de se repositionner, de garder le plus longtemps possible une distance avec l'attaquant de manière à ce que sa défense ou son équipe puisse intervenir avant lui", précise l'entraîneur sérésien.
Gestion de la distance, lecture de balle, un gardien doit aujourd'hui être capable d'emmagasiner une multitude d'informations afin de bien se positionner pour effectuer la meilleure intervention possible, souvent en croix. Être gardien de but en 2026, ce n'est plus agir comme un simple mur. "Il y a cette demande des entraîneurs d'avoir cette opportunité d'éliminer la possibilité de l'équipe adverse de jouer dans les balles en profondeur. Et donc le gardien doit jouer haut en fait", ajoute Pierre Derbaudrenghien.
L'événement a attiré une vingtaine de participants, dont certains noms bien connus de la région qui ont salué l'idée. "Je trouve que ça devrait fait plus souvent parce qu'il y a beaucoup de gars dans les petits clubs qui font n'importe quoi. Et bah c'est évident que ce n'est pas facile non plus pour les clubs de prendre des entraîneurs de gardiens qui coûtent assez cher", estime Pierre Drouguet, participant et entraîneur au RFC Liège.
"C'est très important, on a en Belgique encore un problème au niveau de l'école des jeunes. Dans les petits clubs, il n'y a pas encore assez de formateurs et des initiatives comme celle-là donne vocation", embraie Jérémy De Vriendt, participant et fondateur de l'académie pour jeunes gardiens, Aureak. "Si on encadre mieux nos enfants, je pense qu'ils seront encore plus fidèles au poste et c'est ce qui est le plus intéressant car ce n'est pas facile de trouver des gardiens pour les clubs", termine-t-il.
Ce genre de moments est aussi important pour le réseautage et pour s'éveiller à toute une série de méthodologie, même si on a déjà une impressionnante carrière derrière soi. Il y a toujours quelque chose à aller chercher chez les autres pour s'améliorer
Le congrès annuel des gardiens de but a pour objectif de devenir une référence en la matière. L'asbl espère de cette manière contribuer à l'évolution et à la professionnalisation du métier d'entraîneur de gardiens de but en Belgique