Ce lundi 11 mai à 11h30, les enseignants des régions de Liège, Huy et Verviers ont mené une action symbolique intitulée « Opération Paillasson » sur plusieurs sites de la province, notamment sur la place Saint-Lambert, au boulevard d’Avroy et à la passerelle Saucy. Par cette mobilisation, les enseignants et membres du personnel entendent dénoncer les mesures prises par le gouvernement MR–Les Engagés, qu’ils jugent préjudiciables pour l’enseignement et ses travailleurs. Couchés sur le sol, les enseignants de Liège, Huy et Verviers ont mené une "Opération paillasson". Place Saint-Lambert, ils étaient une centaine à exprimer leur ras-le-bol face aux coupes budgétaires décidées par le gouvernement MR-Les Engagés et par la ministre Valérie Glatigny.« Aujourd'hui, en commission, passe le texte de décret que Glatigny a proposé au mois d'octobre, avec un ensemble de mesures d'austérité pour le secteur culturel, la jeunesse et l'enseignement. Ici, aujourd'hui, les enseignants sont là pour montrer qu'ils ne sont pas des paillassons. Ils demandent aux députés qui siègent en commission de changer de posture et de ne pas voter ce décret », explique Jorre Dewitte, secrétaire régional de l’enseignement à la CGSP.« On se fait marcher dessus depuis déjà quelques années par le gouvernement. On enchaîne les coupes dans l'enseignement, les pertes de financements, et cela a un réel impact sur la qualité de l'enseignement que l'on peut donner à nos élèves », explique Paul Simon, professeur de langues à l’Institut Marie-Thérèse de Liège.« La ministre ne cesse de souligner le fait qu'elle est à l'écoute, qu'on peut aller discuter, mais, en réalité, c'est un dialogue de sourds. Rien ne change, il n'y a aucun compromis. On a vraiment l'impression de se faire marcher dessus depuis le début de l'année », explique Aurélie Puccio, professeure d’Histoire et de Religion au Collège Saint-Barthélemy.Parmi les réformes dénoncées par le monde enseignant figurent notamment l'augmentation du temps de travail, la hausse du minerval, mais aussi la suppression annoncée de 1.300 équivalents temps plein.« Le problème des deux heures supplémentaires dans les classes va poser un énorme problème. Plusieurs collègues vont perdre leur emploi, ça, c'est certain. La ministre a beau dire qu'ils pourront retrouver ailleurs parce qu'il y aura des départs à la pension, mais c'est totalement faux. Si un départ à la pension se fait en géographie, on ne va pas pouvoir le remplacer par un professeur de français qui va perdre ses heures », explique Audrey Maeyns, professeure de français au Centre d’enseignement libre S2J.Pour les syndicats, les effets des coupes budgétaires sont déjà visibles. Un premier décret voté en décembre aura des conséquences directes sur l'enseignement fondamental dès la prochaine rentrée.« La gratuité des repas scolaires a été diminuée, l'encadrement différencié a été revu et les frais de fonctionnement par élève ont fortement diminué. Ici, dans les écoles, on voit arriver les premiers chiffres, et ils sont alarmants », explique Jorre Dewitte, secrétaire régional de l’enseignement à la CGSP.Les enseignants ne comptent toutefois pas rester au sol comme des paillassons. De nouveaux préavis de grève ont été déposés et des mouvements pourraient être lancés dès ce mercredi dans certaines écoles.