À Huy, le service prévention et la maison médicale Cap Santé organisent des dépistages de l’hépatite C. Souvent sans symptôme, cette infection échappe encore trop souvent aux diagnostics. Ces 18 et 20 mars, chacun pourra venir se faire tester.
Brandon, 28 ans et sans-abris, arrive serein pour se faire tester au service de prévention ce mercredi matin. « Je trouve ça important de venir à tout âge se faire dépister. » Quelques secondes plus tard, le verdict tombe : négatif. Pour l’hépatite C, maladie souvent invisible, chaque test est un réflexe précieux. Thierry, lui, n’a pas eu la même chance : « Positif… je ne m’y attendais pas du tout. » L’infirmière Klaartje Joris rappelle que l’hépatite C peut devenir chronique et entraîner des complications graves comme la cirrhose ou le cancer du foie. « Se faire dépister le plus tôt possible permet de commencer le traitement et de protéger ses proches. » Thierry s’ensuit d’une prise de sang afin de recevoir un traitement par la suite.
« Avant, dans les années 90, l’hépatite C se transmettait parfois via les perfusions sanguines. Aujourd’hui, c’est rare, mais les personnes les plus à risque restent celles qui ne se protègent pas pendant les rapports sexuels et surtout les personnes souffrant d’assuétude, dont le matériel n’est pas toujours propre, car la maladie se transmet par le sang », explique l’infirmière.
À Huy, environ 150 personnes vivent sans logement, une population souvent plus exposée aux risques. « Nous sommes proches de ce public avec le plan Territoire 0 sans abrisme. On leur donne des seringues propres, alors c’est bien qu’ils viennent se faire dépister », souligne Stéphane Dutilloeul, éducateur au service prévention. Les tests sont ouverts à tous et possibles du mercredi au vendredi, de 10h30 à 12h. Il ne s’agit pour l’instant que d’une phase test, mais les organisateurs souhaitent fixer des moments de dépistage réguliers par la suite.
Pour l’infirmière, les usagers de drogues restent le public le plus exposé, car même une petite plaie ouverte peut suffire à transmettre le virus. L’OMS rappelle que la lutte contre l’hépatite B et C vise à réduire de 90 % les nouvelles infections et de 65 % les décès d’ici 2030, un objectif qui passe par le dépistage et l’accès aux traitements.
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