Un Sérésien de 24 ans a comparu vendredi devant le tribunal correctionnel de Liège pour répondre de coups et blessures portés sur l'homme qu'il présumait être son voleur. Le prévenu avait bénéficié d'une importante campagne de soutien dans la presse et sur les réseaux sociaux. Mais le parquet a dénoncé des réactions effrayantes qui s'apparentent à du populisme sur les réseaux sociaux. Le 28 août 2012, le prévenu s'était assoupi sur un banc. A son réveil, il avait été dépouillé de son GSM, de son portefeuille et de ses clés. Il s'en était pris à l'un des deux hommes qui étaient à côté de lui. Il s'agissait d'un toxicomane, étranger et en séjour illégal, déjà connu de la justice. Cet homme ne possédait pas sur lui les objets dérobés et n'a pas pu être confondu comme l'auteur d'un vol. Le prévenu avait été condamné par défaut pour ces faits de coups à une peine de 4 mois de prison. Après son jugement, il avait activité ses contacts auprès d'un quotidien liégeois et sur les réseaux sociaux. Il avait bénéficié d'une campagne en sa faveur et d'une pétition qui avait rassemblé plus de 5.000 signatures. Il a fait opposition à la décision et ses avocats ont plaidé son acquittement. Nous voulons affirmer que notre client s'est défendu face à son voleur. Il n'est pas question de faire le lit de l'extrême droite, a souligné Me Beaudinet en désignant la victime des coups comme le voleur. Mais le parquet a dénoncé la manière dont l'affaire a été détournée. Les gens qui réagissent dans les médias et les réseaux sociaux n'ont aucune connaissance précise du dossier. Ce sont des réactions effrayantes qui s'apparentent à du populisme. C'est l'honneur de notre justice et de notre démocratie de ne pas attribuer un vol à une personne sans preuve formelle. Même si c'est un toxicomane et un étranger en séjour illégal. La justice ne fonctionne pas sur base d'un délit de sale gueule !, a protesté le substitut Fabienne Bernard. Jugement le 21 mars.