Des juges du tribunal correctionnel de Liège ont constaté mercredi lors de l'examen du dossier d'un exhibitionniste qu'ils sont placés dans une forme d'impasse alors qu'ils doivent juger des faits commis par le prévenu. Tous les avis convergent pour proposer l'internement du prévenu, sauf celui des spécialistes médicaux qui estiment qu'il ne relève pas de la loi de défense sociale. En mai 2013, ce quadragénaire s'était exhibé nu face à une voisine depuis la fenêtre de son salon. Face à ce type d'agissements répétitifs qui constituent des faits d'outrage public aux moeurs, la voisine avait décidé d'alerter la police. Le dossier a démontré que le prévenu était coutumier du fait et qu'il s'était déjà exhibé devant des enfants. Selon son avocat, le prévenu souffre de problèmes psychiatriques. Lorsqu'il est sous traitement, il ne commet pas ce genre de faits. Un rapport annonce par ailleurs qu'il n'est pas apte à respecter des conditions probatoires en cas de condamnation. Pour éviter toute récidive, l'amie du prévenu, son avocat, le parquet ainsi que les juges sont favorables à une mesure d'internement. Mais un psychiatre a estimé que l'homme n'est pas dangereux et ne relève pas de la loi de défense sociale. Les juges, qui ont besoin d'éléments médicaux pour fonder une éventuelle décision d'internement, se sont retrouvés confrontés à une impasse. Ils ne peuvent ordonner un internement à ce stade tandis qu'une condamnation assortie de mesure probatoire ne serait pas respectée. Le tribunal a décidé de mandater un nouvel expert pour tenter de sortir de cette impasse.