Le parquet a requis vendredi devant le tribunal correctionnel de Liège des peines allant jusqu'à quatre ans de prison contre les auteurs de fraudes aux assurances et d'incendies volontaires commis en région liégeoise. Au total, 99 peines ont été requises. En 2002, une compagnie d'assurance liégeoise s'était inquiétée d'un taux anormalement élevé d'incendies qui frappaient la population sicilienne ou d'origine sicilienne en région liégeoise. L'enquête avait mis au jour un système de fraudes à l'assurance. Le dossier initial regroupait 798 préventions et 246 inculpés pour des faits commis entre 1991 et 2006. Après constatation de la prescription d'une partie des faits, quelques 203 incendies volontaires restent soumis au tribunal. Les assurances ont estimé leur préjudice à neuf millions d'euros. Une peine de quatre ans de prison a été requise contre l'instigateur des faits qui avait développé, avec la complicité d'un expert en incendie qui s'est suicidé depuis lors, la technique des feux noirs, soit des incendies qui dégageaient peu de flammes mais d'importantes fumées de combustion, plus rentables au niveau des indemnisations. Ces techniques avaient été expliquées à cinq chefs de clans qui les avaient appliquées entre 5 et 25 fois dans leur entourage. Ils risquent 30 mois de prison. Vingt chefs de famille, qui ont reproduit les mêmes techniques, risquent de 8 à 20 mois de prison. Vingt-quatre personnes qui ont connu des sinistres multiples encourent des peines de 8 à 14 mois. Le parquet a requis la suspension du prononcé pour 49 prévenus impliqués dans un seul fait.