Le tribunal correctionnel de Liège a entamé lundi l'examen d'un très important dossier de fraudes aux assurances et d'incendies volontaires commis en région liégeoise dès la fin des années 90. Ce dossier impliquait initialement 246 personnes mais seules 138 restent poursuivies en raison de la prescription de certains faits. En 2002, une compagnie d'assurance liégeoise s'était inquiétée d'un taux anormalement élevé d'incendies accidentels qui frappait la population italienne ou d'origine italienne en région liégeoise. Ce taux de sinistres était plus élevé de 300 pc que dans les statistiques habituelles. La compagnie en avait informé le parquet qui a mis à jour un système de fraudes à l'assurance après des incendies volontaires. Les prévenus sont suspectés d'avoir incendié des véhicules et des immeubles et d'avoir obtenu la complicité d'un expert pour que ces sinistres soient déclarés accidentels. Dans certaines situations, comme l'a déclaré un des prévenus lors de la première audience, l'expert était présent sur place avant même l'arrivée des pompiers. Initialement, le dossier regroupait 246 inculpés et 798 préventions pour des faits remontant à 1997. Depuis, certaines poursuites ont été frappées de prescription. Il reste 138 prévenus à juger tandis que d'autres faits pourraient être déclarés prescrits. Selon divers avocats, il s'agit d'un des dossiers maudits du parquet de Liège. Certains prévenus ont été poursuivis uniquement en raison de leur nationalité ou de leurs liens de parenté après avoir été victimes d'un incendie. L'examen de ce dossier occupera quotidiennement les audiences de la 13e chambre spéciale du tribunal pendant le mois de novembre