La matinée de la 13e journée du procès de Rita Bigattini et consorts devant la Cour d'assises de Liège a été entièrement consacrée aux auditions des témoins de moralité de Franco Fraccari. Celui qui a été désigné comme un des organisateurs de l'assassinat d'André Cornet à la demande de Rita Bigattini a admis qu'il avait déjà évoqué l'exécution d'un autre contrat avec une autre personne. Mais il a prétendu qu'il s'agissait d'une fanfaronnade. L'enquête de moralité de Franco Fraccari s'est révélée globalement favorable à cet accusé. Elle a été exposée aux jurés durant la matinée. Mais à la fin de celle-ci, afin de combler un temps libre dans le planning de la Cour d'assises, le président Dominique Gérard a fait procéder à la lecture de certaines déclarations de témoins absents. A cette occasion, Franco Fraccari a fait une déclaration qui a surpris les avocats de la partie civile. Ces avocats ont considéré qu'il s'agissait-là d'une phrase déterminante pour la suite du procès et qui tendrait à démontrer que Franco Fraccari est plus impliqué dans les faits qu'il ne le prétend. Une dame, épouse de l'entrepreneur auquel Fraccari a eu recours, a été interrogée au cours de l'enquête concernant une proposition qui lui avait été faite par Franco Fraccari. Cette conversation avait eu lieu en juin ou juillet 2010 dans le bureau de Fraccari. A la fin de la conversation, Franco m'a dit qu'il pouvait faire quelque chose vis-à-vis de la maîtresse de mon mari. Il a dit que si je ne voulais plus entendre parler d'elle, cela me coûterait 100.000 euros ou que si je voulais qu'on la frappe pour qu'elle comprenne qu'elle devait lâcher mon mari, c'était 10.000 euros. Avant de faire cette proposition, Franco Fraccari aurait rempli un document d'inscription de la dame à sa salle de sports. Il s'agit du même contexte de faits que celui dont il est question dans le dossier de la mort d'André Cornet. Invité à s'expliquer sur cette proposition, Franco Fraccari ne l'a pas niée. Mais il a affirmé que cette proposition a été formulée sur le ton de la fanfaronnade. Pour certains avocats de la défense et de la partie civile, cette déclaration est surprenante. Ce témoignage est fondamental puisqu'il décrit une manière de procéder dans le chef de Franco Fraccari identique à celle qui nous occupe dans le cadre du présent dossier. Cette déclaration confirme ce qui a été exposé par Rita Bigattini quant aux propositions qui lui ont été faites, a analysé Me Wilmotte, avocat de certaines parties civiles.