Le tribunal de l'application des peines de Mons a décidé mardi que Michelle Martin était libérable sous conditions. En 2004, elle avait été condamnée par les assises du Luxembourg à 30 ans de prison pour association de malfaiteurs impliquée dans les enlèvements et les séquestrations d'enfants, séquestrations, tortures et pour avoir participé au viol d'une jeune Slovaque. Michelle Martin a rencontré Marc Dutroux en 1981 sur la patinoire de Forest que fréquentait tous les week-ends celui qui allait devenir son mari. Lors de longs interrogatoires en 2001, elle a raconté aux enquêteurs qu'elle en est rapidement tombée amoureuse, soulignant qu'avec lui, je me sentais vivre, je me sentais respirer, je me sentais libre J'ai considéré Marc Dutroux comme une bouée de sauvetage par rapport à ma mère et je lui en étais reconnaissante. Dutroux est devenu mon dieu comme mon père l'était. Elle ne le quittera quasiment plus jusqu'à leur arrestation. Michelle Martin a en effet décrit aux enquêteurs une jeunesse malheureuse. Elle a perdu son père à l'âge de six ans dans un accident de voiture alors qu'il la conduisait à l'école. Michelle Martin affirme que sa mère l'a tenue responsable de la mort de son père qu'elle avait mis en retard ce matin-là. J'ai ainsi ressenti un profond sentiment de culpabilité qui a influencé mon vécu: coupable d'avoir tué mon père, coupable d'avoir ôté son mari à ma mère. Elevée par une mère qu'elle décrit comme dépressive, autoritaire et égocentrique, Michelle Martin, qui partagera le lit de sa mère jusqu'à l'âge de 18 ans, réussit sans accroc sa scolarité. Elle décroche son diplôme d'institutrice en 1981 mais se sent désemparée à l'aube de sa vie professionnelle. Elle rencontre alors Marc Dutroux qui lui cache dans un premier temps sa condition d'homme marié et qui lui dit qu'il veut rester libre de toute attache, même s'il éprouve de l'amour pour elle. Elle accepte de partager la vie de Marc Dutroux en 1983 et les conditions qu'il fixe. Elle donne naissance à leur premier enfant l'année suivante. Deux autres suivront en 1993 et 1995. Ses relations d'école, qui la perdent de vue, se disent déçues de son évolution. Selon Michelle Martin, Marc Dutroux devient de plus en plus violent. En 1985, elle le suit lorsqu'il enlève et viole des jeunes filles mineures. Elle sera condamnée pour ces faits à cinq ans, dont elle purgera deux ans, tandis que Marc Dutroux écopera de 13,5 années de prison. En 2001, elle a expliqué aux enquêteurs que Marc Dutroux lui a dit que s'il agissait ainsi, c'était à cause d'elle: draguer les filles lui prenait beaucoup de temps. S'il les kidnappait, il récupérait ce temps de séduction pour me le consacrer et que face à cette violence, je n'ai pas eu le choix. Marc Dutroux est libéré en avril 1992. Elle le décrit comme encore plus dur, plus violent. En 2001, elle a souligné qu'elle est alors restée prisonnière de sa relation avec Dutroux. C'est comme une drogue sans antidote. En 1994, Dutroux recommence à évoquer la possibilité d'enlèvement, a expliqué Michelle Martin aux enquêteurs en 2001. Julie et Mélissa sont enlevées le 24 juin 1995. Dutroux l'en informe et lui donne des détails, pour mieux m'asservir et m'impliquer dans ses méfaits, souligne-t-elle. Elle précisera qu'elle n'a pas eu le réflexe de sauver les fillettes, invoquant ce silence auquel j'étais réduite, il y avait Dutroux, ce démon, ses pressions mortelles, sa cruauté, son arme. A la demande du juge d'instruction, des médecins ont procédé à l'expertise mentale de Michelle Martin. Ils ont conclu qu'elle était au moment des faits capable du contrôle de ses actes et qu'elle l'était toujours. Pour ceux-ci, on ne pouvait expliquer sa dangerosité sociale par une quelconque psychopathologie. Le 22 juin 2004, la cour d'assises du Luxembourg condamne finalement Michelle Martin à 30 ans de prison pour association de malfaiteurs impliquée dans les enlèvements et les séquestrations d'enfants, séquestrations, tortures et pour avoir participé au viol d'une jeune Slovaque. Le tribunal de l'application des peines , créé en 2007, s'est penché en avril 2007 sur la première demande de libération de Michelle Martin. Ces demandes sont refusées à plusieurs reprises mais le 9 mai 2011, le TAP se base sur un plan de réhabilitation présenté par la défense et ordonne sa libération à condition que le plan soit réalisable. Ce plan prévoyait que Michelle Martin séjourne dans un couvent français. Or, le garde des Sceaux français a refusé de l'accueillir en France. Le 31 juillet 2012, le tribunal d'application des peines de Mons a finalement décidé qu'elle était libérable sous conditions. Elle sera envoyée au couvent des Clarisses à Malonne .