Une décision interviendra mardi 1er décembre, a-t-on appris mardi à l'issue de l'audience contradictoire en référé au tribunal de première instance de Namur concernant la requête unilatérale introduite par la société pharmaceutique Mithra contre le magazine trimestriel d'enquêtes Médor. La sortie de Médor en librairies était prévue la semaine passée. L'objet du litige est l'article du journaliste David Leloup intitulé Le risque financier que Mithra n'a pas déclaré à la FSMA. Pour Mithra, cet article porte des accusations extrêmement graves et inexactes. Le 17 novembre, soit juste avant le lancement officiel de Médor en version papier, elle avait introduit une requête unilatérale en vue d'interdire d'urgence, temporairement, et dans l'attente d'une décision contradictoire, la publication ou la diffusion de l'article litigieux sous peine d'une astreinte de 12.000 euros par jour et par infraction constatée. Depuis le 18 novembre en fin d'après-midi, le tribunal de première instance de Namur a interdit provisoirement au nouveau magazine de poursuivre la diffusion de cet article en ligne mais aussi la sortie du premier numéro papier en librairie. L'Association des journalistes professionnels le soutient et s'est dite scandalisée par la censure imposée à Médor. Les avocats de Mithra maintiennent que leur demande est fondée et que la liberté de la presse a ses limites. Pour Me Thieffry, cette liberté ne doit pas faire fi de la vérité et jeter en pâture la société Mithra sur la base d'informations inexactes. Il conteste également que le CEO de Mithra, François Fornieri, ait décliné toute demande d'interview. Me Mouffe, avocat du journaliste, a signalé que ce dernier avait travaillé six mois sur son article. Me Lambert a ajouté que quelques jours après la parution de l'article sur internet, Mithra a chuté en Bourse et la méfiance des actionnaires se ressentait. La présidente prendra en compte les arguments des uns et des autres et rendra sa décision mardi. D'ici là, si Médor viole l'ordre qui lui a été donné, l'astreinte sera due. Mais si la juge infirme cette décision, Médor pourra réclamer des dommages et intérêts.