Le laboratoire de chimie biologique industrielle de l'université de Liège a signé vendredi à Toronto, dans le cadre de la mission princière au Canada, un accord visant à renforcer sa coopération avec l'université de Toronto dans le domaine de la valorisation de la biomasse végétale. Cet accord, qui ouvre la porte à des échanges de compétences et de technologies, permettra de bénéficier des compétences et du savoir-faire de l'université de Toronto pour les transposer à nos problématiques wallonnes, situe Aurore Richel, directrice du laboratoire de chimie biologique industrielle de Gembloux Agro-Bio Tech. Les deux universités ont des approches complémentaires en matière de valorisation de la biomasse, ce qui doit permettre de susciter de nouvelles approches innovantes. Si les compétences de Toronto sont davantage axées sur les biocarburants, le laboratoire de l'ULg est quant à lui plus spécialisé dans les bioproduits. La valorisation de la biomasse peut prendre diverses formes. En Wallonie, le laboratoire de chimie biologique industrielle de l'ULg collabore déjà avec Burgo Ardennes, une entreprises de production de pâte à papier située à Virton , ainsi que plusieurs intercommunales, dans le cadre d'un projet-pilote visant à extraire une molécule de la liqueur noire, un sous-produit issu de la fabrication du papier qui est brûlé pour produire de l'énergie. La molécule en question, la lignine, possède des propriétés très utiles dans le traitement des eaux usées. Le procédé mis au point permet d'extraire la lignine de la liqueur noire avant que celle-ci ne soit ensuite brûlée. L'utilisation de cette molécule à haute valeur ajoutée permet de donner une valeur marchande supérieure à la biomasse sans que cela ne se fasse au détriment de la valorisation actuelle du déchet, qui reste d'application. On évite ainsi la compétition des usages, explique Aurore Richel. Un deuxième exemple de valorisation porte sur le colza et consiste à en extraire une molécule utilisée pour la mise au point de contraceptifs féminins. Là aussi, cette nouvelle valorisation se fait sans concurrencer les modes de valorisation existants des différentes parties du colza . Le laboratoire gembloutois entrevoit encore d'autres valorisations possibles de biomasse, singulièrement de déchets ménagers, comme les déchets verts et de jardinage. La mise en place de filières pourrait en outre être facilitée par les très bons résultats obtenus en Wallonie dans le tri des déchets, souligne encore Aurore Richel. L'accord signé vendredi entre les deux partenaires universitaires prévoit également de favoriser les échanges entre étudiants et parmi le personnel académique. -Belga-