Le Conseil wallon de l'égalité entre hommes et femmes souhaite que la notion de genre soit intégrée dans la politique de mobilité. Il a organisé un colloque en mai sur le thème Pour que mobilité rime avec égalité . Nous nous sommes rendu compte qu'il n'y avait aucune expertise concernant le genre et la mobilité, explique Mathilde Collin, présidente du CWEHF. Or le genre est quelque chose de transversal, qui doit être abordé dans tous les secteurs. Le colloque a permis de mettre en évidence les spécificités de l'approche des femmes en matière de mobilité. Selon le CWEHF, les femmes envisagent la mobilité comme une disposition mentale. Par sa simple présence, la femme fait l'objet de discrimination, précise Mathilde Collin. Par ailleurs, elle éprouve un sentiment d'insécurité dans l'espace public, ce qui la pousse à restreindre ses déplacements. Les femmes consacrent également plus de temps que les hommes au transport de marchandises ou d'autres personnes, ce qui influe sur les conditions de leurs déplacements. Leur mobilité est aussi affectée par d'autres inégalités, telles que l'emploi ou l'accès au permis de conduire. Par ailleurs, l'hypermobilité, la fragmentation du travail et la diminution de l'offre des transports publics précarisent davantage les femmes. Pour y remédier, le CWEHF demande que la notion de genre soit systématiquement intégrée à la politique de mobilité, d'urbanisme et d'aménagement du territoire, mais également en matière de transports publics ou d'emploi. Le CWEHF rendra prochainement un avis et des propositions au gouvernement wallon.