Un mois et demi après son arrestation et son inculpation pour l'assassinat de son épouse, Véronique Pirotton, lors du congé de Toussaint à Ostende, le député wallon Bernard Wesphael a clamé son innocence, dans une lettre reçue mardi par l'agence BELGA et expédiée depuis la prison de Bruges. Il a aussi tenu à exprimer publiquement sa vérité et a dénoncé la façon dont il a été présenté comme un coupable, au mépris, dit-il, de la présomption d'innocence à laquelle a droit tout citoyen. Aujourd'hui, en ces quelques mots, je veux affirmer, à vous toutes et à vous tous, avec les dernières forces que j'ai rassemblées qu'en aucune manière je ne suis l'auteur de ce drame épouvantable, écrit le président du Mouvement de Gauche , qui comparaîtra jeudi à 14h00 devant la chambre du conseil de Bruges pour réclamer sa libération. Bernard Wesphael nie qu'il ait fait preuve de violence physique à l'égard de son épouse. Jamais, je n'ai porté de coups à ma femme, assure-t-il. Et d'ajouter que la disparition de celle-ci le plonge dans la douleur, à tel point qu'il semble évoquer la tentation d'en finir: L'idée de ne plus voir Véronique, de ne plus pouvoir la toucher, l'aimer, m'est tout simplement insupportable et m'invite chaque jour à la rejoindre, ajoute-t-il. Le député se décrit comme un homme profondément non violent et droit, attaché viscéralement au respect de l'intégrité d'autrui, a fortiori de propre épouse. Mes proches savent à quel point elle comptait pour moi malgré ses difficultés existentielles, poursuit-il. Bernard Wesphael est détenu depuis le 1er novembre dernier et inculpé pour l'assassinat de son épouse. Les faits qui lui sont reprochés remontent à la veille, le 31 octobre, alors que le député et Véronique Pirotton séjournaient dans un hôtel à Ostende. Selon les propos du co-fondateur d'Ecolo, le couple aurait eu une dispute, qui aurait dégénéré. Toujours d'après lui, il serait allé se coucher et aurait retrouvé sa femme, peu de temps après, morte dans la salle de bain, où elle aurait mis fin à ses jours. Le parquet de Bruges l'a néanmoins placé sous mandat d'arrêt, estimant que la thèse d'un suicide ne correspondait pas avec les constatations faites sur les lieux. Le rapport d'autopsie et les analyses toxicologiques font en effet état d'une mort violente. Tant la chambre du conseil de Bruges que la chambre des mises en accusation de Gand, puis la Cour de cassation ont confirmé cette décision, malgré les arguments avancés par les avocats de Bernard Wesphael, Mes Jean-Philippe Mayence et Tom Bauwens. Selon un arrêt rendu le 4 décembre par la Cour de cassation, Bernard Wesphael présentait une plaie ouverte récente au poignet gauche et se déplaçait d'avant en arrière, l'air mal à l'aise dans sa chambre d'hôtel à Ostende, selon le rapport de police rédigé avant son arrestation. La victime a quant à elle été découverte à moitié nue et avec le pubis complètement dévoilé, avec la tête inclinée à droite vers un sac en plastique. Politiquement, alors que la défense du député estime que son immunité parlementaire n'a pas été respectée et qu'il n'est pas question dans ce dossier de flagrant délit, le parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles a décidé à la mi-novembre de ne pas demander la suspension de la détention et des poursuites à l'encontre de Bernard Wesphael. Le parlement wallon avait pris la même décision une semaine auparavant. Dans la lettre qu'il a adressée à BELGA, Bernard Wesphael s'interroge encore sur la raison de l'acharnement dont il se dit victime. Pourquoi cette certitude chez ceux qui m'accablent: légèreté, aversion spontanée à mon égard ou à celle du courant politique que je représente, délit de sale gueule, absence de sens critique, paresse intellectuelle, réjouissance malsaine...? Le député ne doute pas de l'issue de la procédure: l'enquête démontrera qu'il n'est pas coupable mais qu'il est une victime supplémentaire de ce drame, assure-t-il.