Gilbert Bodart, poursuivi pour le braquage des Grottes de Han, a exposé lundi devant le tribunal correctionnel de Liège les raisons qui, selon lui, l'ont conduit à entrer dans un engrenage qui lui a été fatal. C'est au départ de la rencontre d'un Louviérois, Vincenzo Alfano, qu'il a accepté de contracter en son nom un prêt de 60.000 euros couvert par des titres. Il devait recevoir un pourcentage de commission en échange. Mais les titres se sont révélés par la suite issus du braquage d'un fourgon. Le prêt avait été contracté en accord avec un banquier, alors président du club de foot de Wevelgem, où Gilbert Bodart était entraîneur. J'ai accepté car j'ai cru que les titres étaient valables. Il s'agissait d'un système pyramidal que je ne connaissais pas exactement. J'ai signé en mon nom et en celui de mon épouse. J'ai remis l'argent à Alfano, a précisé le prévenu. Gilbert Bodart a ensuite évoqué une succession de bêtises qui l'ont fait tomber dans un engrenage. Il a investi en confiance avec Alfano dans une société en Roumanie, d'abord 13.000 euros puis 33.000 euros empruntés à des particuliers albanais. Puis il a rencontré un homme nébuleux et a joué l'intermédiaire dans le prêt de 15.000 euros qui devait rapporter 20.000 euros trois jours plus tard. La somme n'ayant pas été remboursée, Bodart a été entraîné dans une sorte de règlement de compte avec cet homme. Le prévenu est également suspecté d'avoir investi dans un système d'impression de fausse monnaie. J'étais serré, la corde au cou avec plusieurs prêts à rembourser. Je venais d'être engagé aux Grottes de Han. L'idée est alors venue d'organiser le braquage des Grottes de Han pour récupérer notre argent. Je n'avais plus le choix. Ce que j'ai fait est scandaleux !, a regretté Gilbert Bodart.