Cinq mois après la fusillade de la place Saint-Lambert, quelque 260 personnes ont répondu à une grande enquête lancée par le centre d'Expertise en psychotraumatisme et psychologie légale de l'Université de Liège, a indiqué Adelaïde Blavier, responsable de cette unité, à l'Agence BELGA. Tous les Liégeois ont été touchés, d'une manière ou d'une autre par le drame, explique Adelaïde Blavier, professeur en psychologie à l'Université de Liège. Généralement, les femmes sont beaucoup plus touchées que les hommes. Au moment de l'événement, elles ont ressenti plus de frayeur et d'angoisse que les hommes. Elles ont eu le sentiment qu'elles allaient mourir, elles ont eu des manifestations physiques, comme des tremblements. Des séquelles sont apparues après le drame. Elles ressentent plus d'angoisse, elles sont victimes de réveil nocturne, alors que les hommes n'ont pas de problème de sommeil. Les femmes sont plus tendues depuis la fusillade et craignent, pour la plupart, de retourner sur les lieux du drame. D'autre part, les femmes évitent de regarder des émissions qui en parlent. Elles sont plus vigilantes au bruit, elles se sentent plus méfiantes qu'auparavant. Les personnes qui se trouvaient sur les lieux du drame au moment de la fusillade connaissent des difficultés pour s'endormir. Croyant qu'elles allaient mourir, elles sont victimes de réveil nocturne et de crises d'angoisse. Elles se sentent plus irritables qu'avant. Certaines de ces personnes ont observé des variations de poids, voire encore une détérioration de leur état physique général. Elles sont victimes de problèmes de santé, dont la cause est difficilement identifiable. Leur personnalité aurait changé, et ces personnes se sentent davantage abandonnées des autres. Les séquelles sont beaucoup plus présentes chez les personnes qui se trouvaient sur la place Saint-Lambert lors de la fusillade, conclut Adelaïde Blavier.