En s'intéressant à la galle commune, une maladie qui touche essentiellement les pommes de terre, deux chercheurs de l'ULg ont remarqué que la bactérie qui en est responsable a aussi un fort pouvoir désherbant. Ils ont découvert comment la manipuler génétiquement pour qu'elle puisse être utilisée de manière rentable dans l'industrie. La galle commune est une maladie qui provoque d'inesthétiques tâches brunâtres sur les patates et sur d'autres légumes, comme les carottes ou les navets. La bactérie qui en est à l'origine s'appelle le streptomyces scabies. Deux chercheurs de l'ULg, Sébastien Rigali et Samuel Jourdan, ont tenté de comprendre pour quelles raisons cette bactérie transmettait une maladie. Dans la famille des streptomyces, elle est en effet la seule à être pathogène, alors que toutes les autres ont permis de mettre au points des antibiotiques, des anticancers ou encore des antibactériens. Grâce à un programme bio-informatique, ils ont mis au jour le signal qui va faire que la bactérie décide de s'attaquer aux légumes. Cette découverte leur a permis de comprendre comment le streptomyces scabies produit une toxine appelée thaxtomine.Celle-ci a un fort pouvoir désherbant, qui était déjà connu et qui intéresse les industriels de longue date, puisqu'il s'agit d'un produit naturel et biodégradable. Problème: produire de la thaxtomine coûte très cher. Un seul gramme peut se vendre 260.000 euros. Sébastien Rigali et Samuel Jourdan ont compris comment manipuler génétiquement la bactérie, pour qu'elle se mette à produire massivement de la thaxtomine. Et pour qu'elle puisse donc être produite par l'industrie à moindre coût. Les Liégeois, qui ont collaboré avec l'université de Floride, ont déposé un brevet, qui est actuellement exploité par la firme américaine Marrone Bio Innovations. Les résultats de leur recherche ont été récemment publiés sur mBio, revue en ligne de référence dans le domaine de la microbiologie. - belga -