Deux-cent personnes ont réclamé samedi après-midi la libération de Ramadan Agaoglu, un étudiant kurde âgé de 22 ans, enfermé depuis sept semaines au centre fermé de Vottem. En Belgique depuis sept ans mais ne disposant pas de titre de séjour valable, il y a été conduit à la suite d'un contrôle d'identité. La Cour de cassation se penchera le 14 octobre prochain sur l'arrêt de requête de remise en liberté de l'étudiant. Parmi les manifestants se trouvaient de nombreux membres de la communauté éducative mais également des élèves et la famille de Ramadan Agaoglu. Cette manifestation sur quelques jours est une réussite. Nous nous sommes fait entendre et nous espérons sensibiliser les juges à la situation toute particulière de ce jeune homme, qui parle deux de nos trois langues nationales, explique France Arets, du Collectif de résistance aux centres pour étrangers. Né en Allemagne, où sa famille, qui habitait jadis à la frontière entre la Turquie et la Syrie, avait trouvé refuge après avoir fui les persécutions et la guerre, Ramadan Agaoglu a rejoint la Belgique en 2008, toutes les demandes d'asile en Allemagne ayant échoué. Kemal, son frère, a obtenu un séjour illimité alors que son père avait un permis B et une carte de séjour valide jusqu'en janvier 2013. La famille, victime collatérale de l'explosion rue Léopold à Liège en 2010, est toujours sous la menace d'une expulsion. Les demandes introduites en 2015 ont été rejetées et de nouvelles procédures doivent être entamées.