Le président allemand Joachim Gauck a dénoncé lundi à Liège le nationalisme qui régnait dans son pays en 1914 et qui a été, selon lui, responsable du déclenchement de la Première Guerre mondiale, tout en remerçiant la Belgique pour la réconciliation intervenue au lendemain du second conflit mondial. Nous commémorons aujourd'hui la terrible 'Grande Guerre', qui allait être la première des deux guerres mondiales. Cette guerre commença en Europe occidentale par l'invasion de la Belgique neutre par les troupes allemandes, une invasion que rien ne pouvait justifier, a-t-il déclaré devant un parterre de représentants rassemblés au Mémorial interallié de Cointe, symbole de la reconnaissance des Alliés à la ville de Liège pour sa résistance en août 1914. Cette invasion ne faisait que suivre la logique militaire. Ainsi, dès le premier jour du conflit, il devint manifeste que les traités étaient sans valeur aucune et les normes de civilisation abolies, a ajouté M. Gauck, un ex-pasteur et militant des droits de l'homme à la fin de la RDA. Le nationalisme avait presque aveuglé tous les coeurs et les esprits. Ni les normes culturelles et de civilisation, ni les croyances religieuses, ni la raison n'avaient été assez fortes pour donner une autre orientation à la conscience. Au contraire. On croyait même être dans son droit, tant du côté de la morale que de la religion. Dans cette lutte d'une culture contre une autre, les sentiments de supériorité et un égoïsme nationaliste extrême triomphaient de l'empathie, a poursuivi le président allemand. Il a en particulier évoqué l'horreur suscitée par les troupes allemandes, et en particulier par leur attitude à l'égard des civils, et les attaques contre le patrimoine culturel. La destruction de la célèbre bibliothèque de Louvain devint un symbole qui déclencha la peur, la consternation et l'ire générales, a-t-il dit.