Un expert en toxicologie a confirmé mardi devant la cour d'assises de Liège que Bruno Vanguers se trouvait en état d'excitation lorsqu'il a porté 35 coups de couteau à Saïd El Guendouzi. Il s'était injecté deux grammes de cocaïne dans les veines et avait consommé beaucoup d'alcool. Le Verviétois Bruno Vanguers est accusé d'avoir commis le meurtre de Saïd El Guendouzi , un SDF liégeois qui avait été frappé de 35 coups de couteau le 10 janvier 2014. Les faits s'étaient produits dans un squat improvisé situé dans la propriété d'une société de la rue St-Laurent à Liège. Selon un expert en analyses toxicologiques, la victime présentait une alcoolémie de 1,8 grammes par litre de sang. Les prélèvements ont démontré que Saïd El Guendouzi avait aussi consommé des médicaments, du cannabis et de la cocaïne dans les heures précédant son décès. Bruno Vanguers a précisé qu'il avait fumé un joint de cannabis, qu'il avait absorbé un médicament et qu'il s'était injecté deux grammes de cocaïne avant les faits. Il avait également consommé l'équivalent de 12 doses d'alcool. Au moment des faits, il présentait une concentration de cocaïne importante, avec des effets excitants. Même s'il a somnolé, il a pu se réveiller dans l'état d'excitation et d'angoisse qu'il décrit, a précisé le professeur Corinne Charlier. Les médecins légistes Eric Lemaire et Simon Cauchies ont relevé sur le cadavre de la victime 16 lésions par instrument contondant qui peuvent correspondre à des coups portés par l'accusé à l'aide d'une planche en bois. Ils ont aussi dénombré un total de 35 lésions par instrument piquant-tranchant. Bruno Vanguers a porté ces coups de couteau au niveau de la tête, des membres supérieurs, du thorax et de l'abdomen. Deux de ces lésions étaient plus profondes et ont occasionné des dégâts internes. Touché au niveau du coeur, Saïd El Guendouzi est décédé d'une tamponnade . Les légistes ont également procédé à un examen de Bruno Vanguers. Il présentait une lésion de 8 centimètres de longueur à proximité de l'oeil qui pourrait être consécutive à un coup de couteau porté par Saïd El Guendouzi. Le juge d'instruction Pascale Goossens a présenté le résumé de l'ensemble des devoirs réalisés dans le cadre de l'enquête. Cette enquête a été facilitée par l'arrestation de Bruno Vanguers et par la découverte rapide du cadavre de Saïd El Guendouzi. Dès ses premières auditions, l'accusé a reconnu avoir porté des coups de couteau à la victime. Il reconnaissait les faits et se disait désolé. Il avait directement été inculpé de meurtre. Selon le juge d'instruction, la reconstitution des faits n'a pas pu être organisée sur place en raison du manque de collaboration de la société de distribution d'électricité qui est propriétaire des lieux où le cadavre de Saïd El Guendouzi a été découvert. Le juge d'instruction avait demandé à ce que les lieux restent en l'état dans l'attentede la reconstitution des faits. Malgré cette demande, la société a décidé de grillager les lieux pour en rendre l'accès impossible. Pour procéder à la reconstitution des faits, il aurait fallu enlever ces grillages aux frais de l'Etat. La reconstitution sur place a été rendue impossible, a précisé le juge d'instruction au cours de son témoignage.