L'avocat général Brigitte Goblet a requis jeudi devant la cour d'assises de Liège une culpabilité d'assassinat contre Patrick Aloisio. Le ministère public a démontré que l'homicide commis sur Régine Janssen était volontaire et que l'accusé s'est donné le temps de la réflexion avant de poser ses derniers gestes mortels. Patrick Aloisio, un Soumagnard de 33 ans, est accusé d'avoir assassiné sa belle-mère le dimanche 9 octobre 2011 à Grivegnée. Le ministère public a replacé ces faits dans un contexte financier et dans un contexte de rupture entre l'accusé et son ex-épouse. L'avocat général Brigitte Goblet a évoqué le caractère égocentrique et narcissique de l'accusé et a épinglé sa mégalomanie. Patrick Aloisio souhaitait bâtir un empire immobilier mais il a été rattrapé par la réalité. Son château était en réalité un château de cartes. Il savait, alors que sa femme voulait le quitter, que son monde allait s'effondrer. Mais il voulait savoir que cela s'effondrait non pas à cause de lui ou de ses erreurs mais parce qu'il y avait quelqu'un d'autre dans la vie de son épouse. Il voulait en réalité entendre que ce n'était pas de sa faute si son monde s'effondrait, a analysé Brigitte Goblet. Selon l'avocat général, Patrick Aloisio était acteur et spectateur de sa propre vie. Pour ne pas perdre pied, il a tenté de renouer avec sa femme. Mais pour y parvenir, il a tenté de convaincre sa belle-mère en lui apportant des fleurs. S'il emportait l'adhésion de Régine Janssen, il pouvait peut-être convaincre sa fille de renouer avec lui. Par cette démarche, il espérait voir sur le visage de sa femme l'effet produit. Mais c'était un coup dans l'eau, a relevé Brigitte Goblet. Selon le ministère public, Patrick Aloisio s'est retrouvé devant un constat d'échec. Quand l'accusé a voulu savoir si un autre homme faisait partie de la vie de sa fille, Régine Janssen lui a répondu que ses filles n'étaient pas des salopes. Il avait sa réponse. Mais il n'a pas voulu l'entendre. Il ne voulait pas entendre que l'échec de son couple était son fait. Il aurait préféré entendre qu'un autre homme était responsable à sa place. Mais Régine Janssen a refusé de lui donner la réponse attendue. Cela l'a rendu fou de colère! L'avocat général a évoqué un massacre opéré par l'accusé sur la victime en relevant d'abord des faits d'étranglement qui sont révélateurs de l'intention homicide. Puis, Patrick Aloisio aurait porté les coups de tabouret après l'avoir précipitée sur le sol. Selon l'accusation, c'est au cours de cette phase que Patrick Aloisio prémédite la mort de la victime. C'est un homme qui cogite beaucoup. A titre égoïste, il avait tout à perdre s'il laissait vivre cette femme. A l'opposé, en allant jusqu'au bout de son dessein, il avait d'autres intérêts. Dont celui de récupérer peut-être sa femme en se donnant le rôle de celui qui allait la consoler, a expliqué l'avocat général. Selon cette thèse, Patrick Aloisio s'est ensuite placé sur le corps de Régine Janssen pour terminer son massacre. C'est là qu'il a posé les derniers gestes d'étranglement et d'asphyxie, pour faire taire sa belle-mère.