L'avocat général Paul Catrice a requis mardi devant la cour d'assises de Liège une culpabilité d'assassinat contre François Toussaint, un Welkenraedtois de 50 ans accusé d'avoir tué Manuel Maroquin en mars 2005. Pour l'accusation, il n'existait aucun contrat de protection entre l'accusé et son commanditaire mais bien un contrat d'exécution. François Toussaint avait abattu Manuel Maroquin de deux balles dans la tête le 8 mars 2005 à Xhendremael alors qu'il quittait son domicile au volant de sa voiture. Manuel Maroquin était en conflit avec Yves Hody au sujet d'un projet industriel de minéralisation de déchets à Engis. Yves Hody affirmait qu'il s'était attribué les services de François Toussaint pour assurer sa protection. Mais il est toujours suspecté d'avoir commandité auprès de François Toussaint l'assassinat de Manuel Maroquin. L'avocat général Paul Catrice a soutenu lors de son réquisitoire qu'il n'existait pas de contrat de protection entre Yves Hody et François Toussaint. Ce contrat de protection n'aurait jamais existé car c'est un contrat d'exécution qui aurait réellement été passé entre les deux hommes. Le représentant du ministère public a souligné que de nombreux éléments vont dans le sens du contrat d'exécution dirigé et mis en place par François Toussaint. L'avocat général a épinglé différents préparatifs réalisés dans l'optique d'une exécution. Il s'agit de repérages effectués en équipe. François Toussaint et ses complices avaient fait le choix du lieu où ils allaient intervenir. Ils avaient aussi choisi les armes, chambrées, qu'ils détenaient lorsqu'ils étaient intervenus. Il faut aussi souligner le calme et le sang-froid de François Toussaint lorsqu'il est passé à l'action ainsi que ses décisions d'éliminer des éléments matériels sur la scène des faits ou de faire disparaître les armes, a annoncé l'avocat général. L'avocat général a également dénoncé le manque de crédibilité des différents acteurs de ce dossier. François Toussaint a été présenté comme un menteur qui a changé sa version des faits après 10 ans et s'est décrédibilisé. Yves Hody a été décrit comme un homme d'affaires véreux qui souhaitait empocher de l'argent au détriment de ses associés. L'avocat général l'a même qualifié de salaud et de Judas car il avait fait croire à Manuel Maroquin qu'il allait le rencontrer le soir des faits, mais ne s'était jamais présenté à lui. Pour Paul Catrice, François Toussaint était le boss. C'est lui qui dirigeait l'expédition, comme le commandant dont il porte le surnom. C'est lui qui a attribué les armes à ses complices. L'avocat général a également précisé que les deux tirs réalisés dans la tête, dans la région de l'oreille, démontrent la détermination peu commune de leur auteur. Les trajectoires des tirs démontrent aussi que Manuel Maroquin ne regardait pas le tireur au moment des impacts de balles. La défense plaidera ce mardi après-midi.