L'avocat général Geneviève Robesco a requis lundi matin devant la cour d'assises de Liège des culpabilités de vol avec circonstance aggravante de meurtre contre Kevin Bruyère et Nathalie Denoz . Le ministère public a considéré que les deux accusés se sont associés pour commettre les faits. Kevin Bruyère, un Liégeois de 26 ans, et Nathalie Denoz, âgée de 37 ans et originaire d'Aywaille, sont accusés d'avoir commis un vol avec circonstance aggravante de meurtre la nuit du 20 au 21 mai 2010. Cet homicide avait été perpétré dans des circonstances atroces pour Yves L'Homme, décédé noyé alors qu'il avait été enfermé dans le coffre de sa voiture précipitée dans le canal Albert à Liège. Lors de son réquisitoire, l'avocat général Geneviève Robesco a annoncé qu'elle considère que Kevin Bruyère et Nathalie Denoz se sont associés pour commettre les faits. Leur but était de voler Yves L'Homme. L'accusation estime que Nathalie Denoz a posé une série d'actes de participation qui démontre qu'elle a activement participé aux faits. De plus, lorsqu'ils ont envisagé de voler Yves L'Homme, Kevin Bruyère et Nathalie Denoz savaient que le vol pouvait dégénérer. S'ils ont pris le risque de participer aux faits, ils doivent aussi l'assumer, a annoncé Mme Robesco. Pour l'avocat général, plusieurs chefs d'accusation doivent être retenus contre Kevin Bruyère et Nathalie Denoz. Mme Robesco réclame des culpabilités sur le vol commis avec la circonstance aggravante de meurtre, sur la circonstance aggravante d'utilisation d'un mineur d'âge qui était le fils de l'accusée et sur l'utilisation d'une carte de banque de la victime pour retirer de l'argent et de l'essence. L'accusation a souligné que, la nuit des faits, Yves L'Homme a été roué de coups puis enfermé pendant 4 heures dans le coffre de sa voiture. Selon l'avocat général, le fait principal de vol a été commis avec l'intention de tuer. Car l'objectif de Kevin Bruyère et Nathalie Denoz était d'éviter d'être identifiés et d'assurer l'impunité de leur vol. Nathalie Bruyère aurait insisté sur ce point. L'avocat général a affirmé que les deux accusés savaient qu'Yves L'Homme était présent dans le coffre et qu'il était encore vivant lorsqu'elle a été précipitée dans le canal Albert. Avant ce réquisitoire, la partie civile avait réclamé la culpabilité des deux accusés sur des faits de vol avec circonstance aggravante de meurtre. Me Demarche et Me Mercier ont insisté sur l'acharnement dont les accusés ont fait preuve la nuit des faits. Les accusés étaient tombés d'accord pour tendre un piège à la victime dans le but de la voler. Ce déchaînement de violences, avec des coups portés sur la tête, ne pouvait avoir qu'une issue fatale. Nathalie Denoz a même précisé qu'elle savait qu'Yves L'Homme ne s'en sortirait pas, a plaidé Me Mercier. La défense plaidera dans l'après-midi.